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L’orientation scolaire n’est pas un luxe

Je vous partage un texte de Luc Gélinas, Président de l’Association des conseillères et des conseillers d’orientation du réseau scolaire du Québec.  Ce texte est paru dans La Presse +  le 19 février 2017.  L’auteur met l’accent sur l’importance des besoins d’orientation des jeunes et sur le manque de ressources mises à leur disposition dans le réseau scolaire. Ce manque de ressources étant le résultat des coupes en éducation.  Bonne lecture!

L’avenir de vos jeunes, est-ce important?

 

Luc Gélinas

 

Nous sommes à quelques jours du 1er mars, date importante pour nos jeunes finissants du secondaire.

La formation professionnelle, la formation préuniversitaire ou technique, quel choix faire ? Les choix et les particularités par établissement sont multiples en 2017. Pour les accompagner et les orienter vers un choix qui répondra à leurs aspirations et leurs besoins, il est impératif d’avoir accès à des professionnels en choix de carrière. Ont-ils la possibilité d’être accompagnés pour faire le meilleur choix ? Peuvent-ils être rencontrés et guidés par un conseiller d’orientation (C.O.) ?

En tant que parent, je vous invite à interroger votre école sur les services en orientation. Vous constaterez avec stupéfaction que votre enfant n’a pratiquement aucun service, très peu de temps pour s’asseoir et faire le point sur son avenir.

Depuis les coupes en éducation, le nombre de C.O. a été si touché qu’il n’est pas rare d’avoir une ressource pour 2000 élèves dans nos écoles. Aucun seuil minimum de ressources n’existe, la détermination des besoins d’orientation est à la discrétion des directions d’école. Ainsi, il y a d’énormes disparités entre les écoles publiques du Québec ; dans la région de Charlevoix, nous retrouvons un ratio de 1 conseiller d’orientation pour 858 élèves alors qu’à Montréal, le ratio est de 1 pour 2895 – un conseiller qui travaille à guider 2895 élèves. Pour les services d’orientation dans les écoles privées, ce n’est guère mieux. On se retrouve donc avec des enfants très souvent laissés à eux-mêmes.

Voyant la détresse des élèves face à leur avenir, certains enseignants ou intervenants scolaires tentent d’aider leurs élèves en s’improvisant conseiller d’orientation, mais n’ont aucune compétence reliée au processus de choix de carrière si ce n’est leur propre expérience.

Faire le choix de la profession idéale pour une personne est très complexe. Pour bien conseiller, il faut avoir de solides connaissances du marché de l’emploi, des programmes offerts, et être en mesure de faire un bilan complet des aptitudes, intérêts et personnalité d’un individu.

On ne peut s’improviser conseiller d’orientation. En tant que parent, on peut soutenir notre enfant, l’aider à faire un choix et surtout revendiquer le droit au service d’un conseiller d’orientation.

QUAND ON SE COMPARE… ON SE DÉSOLE

Il y a plus de 10 ans, les professionnels de l’orientation aux États-Unis ont pris position et ont crié haut et fort que les enfants avaient droit à un service d’orientation de qualité. Nos voisins ont adopté une approche plus revendicatrice du droit au service de professionnels dans les écoles et recommandent désormais le maintien d’un ratio de 1 conseiller pour 250 élèves.

Dans cette foulée, Simon Viviers, professeur adjoint à l’Université Laval, confirme que plusieurs États ont décidé d’établir un ratio à respecter pour tous les niveaux (ex. : Iowa, 1 pour 350) ou encore par niveau (ex. : Maine, années 1-8, 1 pour 350, années 9-12, 1 pour 250). Dans les dernières années, le ratio effectif pour l’ensemble des États américains a varié entre 450 et 500 élèves par conseiller.

Les quelques recherches réalisées sur l’impact de la diminution des ratios indiquent que celle-ci contribue de manière particulièrement efficiente à décroître les problèmes de discipline dans les écoles et augmenter la réussite scolaire, particulièrement chez les garçons.

Nos voisins du Sud ont probablement mieux compris que nous le coût de la désorientation. Cette dernière a effectivement un coût réel : une session perdue au cégep coûte au contribuable 9741 $ par élève. Dans une période d’austérité, le meilleur moyen d’enrichir le Québec n’est pas de couper les meilleurs spécialistes du choix de carrière, mais plutôt d’investir massivement dans cette ressource. Le Québec en serait gagnant ; des millions pourraient être économisés et, en prime, nous créerons une génération plus mobilisée à contribuer au Québec de demain.

Il est temps de se positionner comme société et faire des choix pour l’avenir de nos jeunes et la prospérité du Québec.

L’orientation scolaire et professionnelle n’est pas un luxe, mais une nécessité.

L’association des conseillers d’orientation considère que la démarche d’orientation est essentielle pour un individu. Elle est importante à des moments différents, et ce, tout au long de la vie. Elle est certainement prioritaire avant la fin du secondaire, à l’aube de prendre de grandes décisions.

À la veille des inscriptions, êtes-vous certain que votre enfant a été bien guidé ?

 

Référence:

http://plus.lapresse.ca/screens/a403c0be-0cbd-4dc4-87dc-2ef65e2a6e32%7C_0.html

 

 

 

le 1 mars et le choix de carrière

La date fatidique du 1 mars est significative pour plusieurs personnes.  C’est la date limite pour faire une demande d’admission dans la plupart des programmes d’études au secondaire (DEP), au cegep (DEC)  ou encore à l’université.  Cette période où une personne doit exprimer un choix est souvent très anxiogène pour elle-même et pour ses proches. Bien souvent, l’anxiété de l’un augmente celle de l’autre, ce qui n’aide en rien. Formuler un choix pour apaiser son anxiété n’amène pas toujours à faire le meilleur choix puisque la personne n’aurait pas nécessairement fait tout le travail de réflexion nécessaire pour faire un choix éclairé.  Pour y arriver, il faut tolérer cette anxiété et faire la réflexion qui s’impose. Pour cela, il faut se donner du temps.  Choisir entre le 28 février et le 1 mars, n’est certainement pas la meilleure idée.

Dans la réflexion, il y a plusieurs questions à se poser. Qu’est-ce que j’aime? Quels sont mes talents ou aptitudes? Quels sont mes traits de personnalité qui pourraient m’être utiles dans une profession?  Quels sont mes valeurs?  Quelles sont mes limites et contraintes personnelles?  Quelles sont les professions qui sont le plus susceptibles de correspondre à ce que je suis?  Qu’est-ce que je sais sur ces professions?  Comment pourrais-je en apprendre davantage sur celles-ci afin de valider si elles correspondent toujours à l’idée que je m’en fais.

Certes, si vous êtes en questionnement face à votre carrière et que l’anxiété du choix à faire vous empêche d’y voir clair, vous pourriez bénéficier d’être accompagné et guidé par un(e) professionnel(le) de l’orientation pour être davantage en mesure de faire un choix éclairé, c’est-à-dire le meilleur choix pour vous. N’hésitez pas à consulter et surtout…ne tardez pas, car il fait avoir un certain temps devant soi pour faire un réel processus.

 

Carole Dion c.o.

Si le travail est plaisir, la vie sera joie

Je souhaite vous partager aujourd’hui un texte très intéressant sur le plaisir au travail.  Ce texte, écrit par le psychologue Jacques Forest, a été lauréat du concours de vulgarisation scientifique de l’ACFAS en 2006. Dr Jacques Forest est professeur au Département d’organisation et ressources humaines à l’Université du Québec à Montréal.  Il a été publié dans la revue Psychologie Québec, Volume 25, numéro 4, juillet 2008.

Si le travail est plaisir, la vie sera joie

Rappelez-vous d’une journée où vous étiez entièrement absorbé par vos tâches, où le défi de la situation mettait vos compétences à rude épreuve et où le temps semblait suspendu. Cet état psychologique optimal de motivation et de bien-être intense s’appelle le flow. C’est un état psychologique transitoire et de courte durée synonyme de plaisir. C’est ce que les sportifs appellent « être dans la bulle » ou « être dans la zone ». L’état de flow peut être vécu dans l’exercice d’activités sportives ou artistiques mais aussi au travail. Cet état psychologique a l’avantage de stimuler le bien-être psychologique et la performance au travail, en plus d’être contagieux ! Voici donc l’autopsie d’un phénomène positif.

 

UNE DÉFINITION DU PLAISIR : LA NOTION DE FLOW

 

Comment se fait-il qu’une personne qui ne reçoit aucun salaire ou bénéfice extérieur continue à pratiquer telle ou telle activité ? Tout simplement par plaisir ? Les premières études sur l’état de flow, réalisées par le psychologue Csikszentmihalyi dans les années 1970, avaient pour but de mieux comprendre le plaisir ressenti par les individus pratiquant certaines activités tels les passe-temps, les arts ou la musique, en l’absence de renforcement extérieur. Cet état psychologique a été désigné par le nom de flow par Csikszentmihalyi puisque la plupart des individus interviewés mentionnaient que tout coulait de source lors de ces épisodes. En anglais, ces gens disaient « it flows »… Le flow est synonyme de plaisir et se manifeste typiquement lorsque le défi de la situation est évalué comme étant égal ou légèrement supérieur aux habiletés que la personne croit posséder. Si le défi est beaucoup plus élevé que ses compétences, l’anxiété ou l’inquiétude peuvent se manifester. À l’opposé, si le défi est perçu comme étant trop bas, l’individu pourra ressentir de l’ennui ou de l’apathie. Pour connaître l’état de flow, l’activité doit donc permettre une utilisation maximale des compétences. Les psychologues s’intéressent à cet état psychologique puisqu’on a constaté qu’il produit des effets bénéfiques significatifs tels un bien-être psychologique et l’atteinte de bonnes performances, tant en sport qu’au travail. De plus, des études ont démontré que les épisodes de flow vécus par des professeurs de musique sont contagieux et que cet état de flow se transmettrait aux élèves !

 

LES TROIS PRINCIPES DE BASE DU PLAISIR AU TRAVAIL

 

En faisant le tour de ce que l’on sait sur le flow et des concepts similaires, on constate qu’il y a trois principes de base auxquels on ne peut déroger pour avoir du plaisir au travail.

 

Le plaisir ne vient pas seul, il demande des efforts soutenus et dirigés. N’en déplaise à ceux qui croyaient trouver dans ce texte la potion magique du plaisir au travail, ce premier principe est incontournable ! En effet, le plaisir n’est pas un état inactif de béatitude ou de satisfaction inerte, mais bien une démarche de quête de soi, plus ou moins ardue, où l’individu doit chercher activement à connaître les valeurs qui l’animent au travail, à connaître ce qui donne un sens à son travail et, en définitive, un sens à sa vie. Ce n’est qu’après avoir passé un interrogatoire en règle avec lui-même qu’il est possible de faire le bon choix d’employeur ou de carrière ou encore le bon choix de champ d’études.

 

Pour avoir du plaisir, il doit y avoir adéquation entre les valeurs et les capacités de l’individu, et les tâches qu’il réalise. Lorsque quelqu’un est bien adapté à son travail et qu’il aime son travail, on a souvent tendance à dire, en langage commun, qu’il « fit », qu’il est à sa place. En psychologie, plusieurs mots sont utilisés pour désigner ce deuxième principe. On parle d’adéquation, d’équilibre, de congruence, de concordance, de cohérence, de résonance, de consistance ou encore d’harmonie. La liste est longue, mais peu importe l’étiquette qu’on y appose, c’est l’idée qui est importante : on doit choisir un travail qui correspond à ce que nous sommes. La question qui se pose maintenant est la suivante : comment choisir un emploi qui nous corresponde vraiment ? Une partie de la réponse réside dans le fait de percevoir son travail comme une mission ou une vocation. « Make your vocation your vacation » souligne un dicton anglais. Les sujets qui abordent leur travail comme une vocation jugent celui-ci indispensable et socialement désirable en plus d’impliquer des activités qui sont souvent perçues comme étant agréables. Ces sujets ne travaillent pas d’abord pour les gains financiers ni pour l’avancement de carrière, mais bien pour l’accomplissement et la réalisation que le travail apporte en lui-même. On peut dire que ces individus sont motivés intrinsèquement plutôt qu’extrinsèquement.

 

Pour mieux comprendre la différence entre motivation intrinsèque et motivation extrinsèque, quelques explications s’imposent.

 

Il est généralement reconnu que les types de motivations peuvent être distribuées sur un continuum allant de l’absence complète de motivation (l’amotivation) en passant par différents types de motivations extrinsèques ou externes (rechercher les gains pécuniaires ou la gloire, agir pour se conformer aux normes du groupe, faire une action parce qu’elle est importante pour nous, etc.) pour finalement arriver à la motivation intrinsèque (agir par plaisir et pour la satisfaction inhérente de pratiquer l’activité). La motivation est un peu comme une voiture, elle est à la fois énergie (le moteur) et direction (le volant). Différents motifs et arguments peuvent être invoqués afin de pratiquer différentes activités, mais attention! Ce ne sont pas tous les motifs qui mènent aux mêmes conséquences affectives (les émotions), comportementales (les agissements) et cognitives (les pensées). Dans différents domaines comme l’éducation et les sports, la motivation intrinsèque semble presque tout le temps mener à des conséquences bénéfiques pour l’individu (bien-être psychologique, énergie physique, sécurité psychologique, etc.) alors que pour les différents types de motivations extrinsèques, le portrait des conséquences est moins reluisant : moins de bonheur, énergie physique moindre, symptômes physiques plus fréquents, etc. En milieu de travail, les bénéfices de la motivation intrinsèque sur la motivation extrinsèque sont impressionnants : plus un individu agit par plaisir et non par recherche d’argent ou de prestige, plus il sera en santé physiquement, moins il aura tendance à avoir des ruminations ou des pensées négatives, plus il sera performant, moins il aura tendance à quitter son emploi, plus il aura tendance à être un bon citoyen dans son organisation et la liste de conséquences positives pourrait continuer encore longtemps. Qui plus est, des études réalisées en Amérique, en Afrique, en Europe et en Asie démontrent l’universalité de cet état de fait, c’est-à-dire que plus quelqu’un agit par satisfaction interne et non pour des motifs externes, plus il aura tendance à fonctionner de façon optimale. Ces résultats de recherche discréditent donc de manière éloquente le rêve américain et tous les arguments de ceux qui indiquent que l’argent fait le bonheur. Plus de conséquences positives et moins de conséquences négatives sont associées aux motivations intrinsèques (faire quelque chose par intérêt et satisfaction intérieure) alors que le pattern est l’inverse pour les motivations extrinsèques comme l’appât du gain et l’évitement de la culpabilité. Morale de l’histoire : ne cherchez pas le prestige ou l’argent mais bien la satisfaction intérieure. Ce mode de fonctionnement guidé de l’intérieur vous permettra de dériver des bienfaits et de profiter pleinement des 40 heures (ou plus!) que vous passez chaque semaine au travail.

 

 

Pour éprouver du plaisir, on est appelé à se mettre au défi, à tester ses limites. En plus de l’effort, d’une adéquation entre valeurs et identité, le troisième principe souligne qu’il doit y avoir adéquation entre compétences et tâches à accomplir. En milieu de travail, on offre souvent de la formation aux employés pour qu’ils améliorent leurs points faibles alors que des entreprises fonctionnent merveilleusement bien en appliquant exactement la logique inverse. Ces entreprises misent sur les forces de leurs employés plutôt que sur leurs faiblesses. Une compagnie américaine a d’ailleurs basé toute sa stratégie d’affaires autour de ce concept. Elle évalue systématiquement tous ses nouveaux employés à l’aide d’un questionnaire qui permet d’identifier les forces les plus saillantes d’un individu. Par la suite, elle attribue les tâches et responsabilités du nouvel employé en fonction de ses forces et, de plus, lors des évaluations annuelles de rendement, au lieu de pallier les faiblesses ou les manques de l’individu, elle vise à mettre encore plus à profit les forces de l’individu. Selon la compagnie, cette approche leur permet d’obtenir un meilleur rendement des employés sur le plan individuel et plus de profit sur le plan organisationnel. À les entendre parler, il semble que cette façon de procéder n’ait que des avantages et qu’elle devrait être privilégiée par plus de compagnies, autant pour augmenter la performance que pour maintenir et stimuler le bien-être des employés.

 

Il est donc très important de faire un bon jumelage entre compétences et tâches. Un défi trop élevé génère anxiété et stress alors qu’un défi trop bas suscite ennui et apathie. Pour éprouver du plaisir, il faut donc trouver une activité qui corresponde à ce que nous sommes, du côté des valeurs comme des compétences. Mais plus spécifiquement, au jour le jour, ce serait la mise à rude épreuve de nos compétences qui permettrait de ressentir du plaisir. En effet, les épisodes de flow surviendraient plus facilement lorsque le défi de la situation est évalué comme élevé et que les compétences requises pour y faire face sont utilisées à pleine capacité. Ainsi, contrairement au sens commun, selon une étude de Csikszentmihalyi et LeFevre, en 1989, les individus auraient plus de plaisir au travail que dans leurs loisirs; difficile à croire mais vrai. Ce serait l’occasion offerte par le travail d’utiliser au maximum ses capacités et compétences qui ferait en sorte que cette sphère de la vie permet de vivre des épisodes intenses d’absorption et de concentration. D’ailleurs, l’engagement au travail serait l’antithèse ou le remède au syndrome d’épuisement professionnel (burn-out). L’utilisation optimale du potentiel est donc une voie privilégiée pour éprouver du plaisir. Encore une fois, force est de constater que le plaisir demande des efforts, mais que cela vaut le coup.

 

COMMENT ENTRER DANS LE FLOW, Y DEMEURER ET ÉVITER D’EN SORTIR

 

En contexte sportif, on a demandé aux athlètes de haut niveau de nous faire part de leurs stratagèmes pour « atteindre la zone ». Les épisodes de flow en sport et au travail étant décrits avec les mêmes mots, il est possible de croire que les stratagèmes efficaces en sport le seraient aussi en milieu de travail. Dix facteurs permettant d’atteindre l’état de flow ont ainsi été relevés : préparation optimale, environnement et situation idéaux, perception positive de la performance, focus sur la tâche, confiance et attitude positive, interactions positives avec les collègues, motivation à bien performer, état d’activation optimal avant la performance à produire, bonne préparation avec un plan de pré-performance et de post-performance et expérience cumulée au fil des ans. Dans cette optique, le psychologue états-unien Robert Harmison a montré que les différentes caractéristiques associées à la zone de fonctionnement optimale en sport sont propres à chaque individu et que ces caractéristiques peuvent être identifiées, mesurées et reproduites de façon plus systématique. Avec des études cas, il a démontré qu’il est réalisable de pratiquer le « muscle » de la performance psychologique et qu’il est possible d’augmenter les probabilités de reproduire ces conditions gagnantes et ainsi accroître les probabilités d’obtenir des performances de pointe. Selon ce même chercheur, ces techniques d’entraînement psychologique en sport sont facilement transférables au monde du travail. Les compagnies appliquant ces principes pourraient avoir là un avantage compétitif indéniable sur leurs concurrents.

 

POUR CONCLURE

 

Le plaisir au travail permet d’augmenter le bien-être, d’améliorer les performances en sport et au travail en plus d’être contagieux et de possiblement prévenir les problèmes de burn-out. Cependant, on voit bien que le plaisir au travail n’est pas quelque chose de spontané qui arrive par hasard ou selon l’alignement des astres. Par définition, c’est un état transitoire et non permanent. Des méthodes existent pour favoriser et stimuler cet état, mais elles demandent des efforts et un minimum de préparation. Bref, dans ce domaine, il n’y a pas de raccourci.

 

Une fois que ce fait est assumé, on constate qu’on peut augmenter ses chances de vivre des épisodes de plaisir en faisant usage de divers procédés. Toutefois, il faut être prudent. Les méthodes présentées pour promouvoir le plaisir au travail peuvent sembler infaillibles, mais en réalité, elles ne le sont pas. Il faut avoir des attentes réalistes face aux résultats attendus et l’application des méthodes demande un doigté et un savoir-faire qui ne s’enseignent malheureusement pas dans les livres.

 

L’important à retenir, c’est qu’il est possible de vivre du plaisir au travail, mais que cela demande des efforts soutenus, dirigés et encadrés. Comme Confucius l’a si bien dit : « La personne qui prend plaisir à travailler ne travaillera plus jamais. »

 

 

Bibliographie

Csikszentmihalyi, M. (1997). Finding Flow. New York : Basic books.e sera joie

Semaine québécoise de l’orientation 2016

C’est quoi ?

Une semaine thématique durant laquelle des conseillers d’orientation du Québec organisent avec leur ordre professionnel des activités pour le public.

Pourquoi ?

Sensibiliser le public au fait que l’orientation aujourd’hui, c’est tout au long de la vie. Des questionnements et des besoins de changement reliés aux études et au travail apparaissent à différentes étapes de la vie. Durant la Semaine québécoise de l’orientation, les conseillers d’orientation explorent un thème relié au travail ou aux études afin de susciter la réflexion, de permettre au public de trouver ses réponses et de passer à l’action.

Thématique 2016 : Bâtir sa confiance, croire en ses forces !

Pouvons-nous avoir des forces, des capacités, et ne par les reconnaître ? Oui, c’est une réalité pour plusieurs. Une situation très embêtante quand vient le temps de s’orienter, de choisir un chemin à sa mesure; ou quand vient le temps d’affirmer ses capacités, au travail par exemple. Rassurons-nous, car cette confiance se construit tout au long de la vie.

À compter de la mi-octobre, les activités gratuites offertes durant la Semaine québécoise de l’orientation (SQO) 2016 seront annoncées.

Il y en aura dans la plupart des régions. Les conseillers d’orientation vous offrent de participer à une activité vous permettant d’identifier des moyens à votre portée favorisant l’acquisition ou la consolidation de la croyance en vos compétences. Par exemple, juste de mieux comprendre comment elle se construit, permet de dégager un pouvoir d’agir, aux études, au travail et dans sa vie en général. Participer à une activité de la SQO, vous amène à voir votre situation autrement. Bienvenue à tous !

Pour qui ?   Personnes de tout âge et de toutes les  conditions

Où ? Dans la plupart des régions du Québec

Quand ? Du 6 au 12 novembre 2016

Visitez le site de l’OCCOQ pour plus de renseignements.

http://orientation.qc.ca/communications/semaine-quebecoise-de-lorientation

Aller à l’université…ou pas

Qu’est-ce qui fait que certains aspirent aller à l’université ou pas?

Je vous partage un  article rédigé par Maxime Marcoux-Moisan, Ph.D. Sociologue et professeur de sociologie au collégial.  Dans cet article, il résume son projet de recherche financé par le FRQSC.  Ce projet de recherche porte sur les aspirations scolaires des jeunes finissants du secondaire.  Sa thèse explore les facteurs liés au parcours scolaire de l’élève et les facteurs socioculturels susceptibles d’intervenir dans l’élaboration des aspirations scolaires réalistes et leurs variations.

Élaborer une aspiration selon les ressources transmises par les parents et selon les expériences vécues durant le parcours scolaire

C’est en étudiant l’élaboration et la variation des aspirations scolaires réalistes chez les finissants du secondaire qu’il a été possible de comprendre qu’il y a quelques facteurs qui encadrent de façon importante le désir (aspiration scolaire réaliste) de poursuivre les études jusqu’au niveau universitaire.

L’étude réalisée suggère que le choix du niveau d’aspiration est grandement influencé par l’héritage socioéconomique des parents (Habitus – P. Bourdieu) ; jumelé à un calcul rationnel basé sur les expériences scolaires vécues durant leurs parcours scolaires (individualisme méthodologique – R. Boudon). Pas l’un ou l’autre, comme le veut le débat sociologique entre Pierre Bourdieu et Raymond Boudon, mais bien les deux.

Quand tu veux, tu peux… est-ce aussi simple?

Il semble que pouvoir concrétiser une aspiration serait influencé, non pas par la volonté de l’élève, mais plutôt par l’héritage socioéconomique qui provient de ses parents. Les résultats tendent à suggérer que l’élève s’appuie dès le départ sur cet héritage (Habitus), c’est-à-dire que le niveau d’aspiration élaboré, qui se veut réaliste et donc perçu comme étant réalisable, serait structuré par le niveau d’études des parents, leur rapport à l’éducation, leurs capacités à aider et motiver leurs enfants durant leurs études (capital culturel), la classe sociale de ceux-ci (capital économique), et leurs réseaux sociaux (capital social). Ce sont des ressources dont bénéficie (ou pas) l’élève qui les structure à se percevoir capables de répondre aux exigences du système d’éducation. Cette influence parentale laisserait donc des marques indélébiles sur la propre perception des capacités de l’élève à pourvoir réussir (ou pas) des études universitaires.

Ainsi, aspirer à devenir astronaute signifie que l’élève sent qu’il n’aura pas de contrainte financière pour mener à terme toutes les études exigées. Le finissant a aussi été influencé à croire qu’il peut réussir ce type d’études et que c’est un excellent choix pour lui. Par ailleurs, l’élève côtoierait des gens qui oeuvrent de près ou de loin dans des domaines connexes au métier d’astronaute.

Vouloir, mais à quel coût?

Vouloir, mais à quel coût ? Voilà la question que peuvent se poser les élèves lorsque vient le temps d’élaborer une aspiration. Les données obtenues laissent présager que les choix du niveau d’études sont aussi le résultat d’une analyse coûts-bénéfices. Bien sûr les coûts financiers font partie de ce calcul, mais ce sont surtout les expériences scolaires qui s’interposent dans ce calcul (moyennes générales, redoublement, décrochage). De là, si les bénéfices de la poursuite des études sont jugés plus élevés que les coûts, l’élève s’inscrira fort probablement dans un établissement universitaire pour y entreprendre la formation qu’il se juge apte à réussir. Si l’évaluation est contraire, le risque de quitter le système scolaire est plus probable.

En grande partie, l’élève évaluera ses compétences à mener à terme l’aspiration en se basant sur la moyenne générale obtenue tout au long de ses études. Plus sa moyenne est forte, plus les probabilités augmentent qu’il aspire à aller à l’université, et pourquoi pas de devenir astronaute, car les résultats antérieurs lui laisseront croire qu’il est apte à réussir de telles études.

Un choix rationnel, mais structuré par l’héritage socioéconomique

Ainsi, les analyses obtenues suggèrent que le niveau d’aspiration élaboré serait perçu réaliste, donc réalisable selon une perception individuelle qui s’inspire d’un héritage socioéconomique et qui se valide à la suite d’un calcul rationnel. De là prendrait forme un schème de perception qui hiérarchise les possibilités et qui structure la perception de pouvoir réussir à maximiser les ressources dont il dispose pour répondre aux exigences académiques.

En ce sens, un enfant de parents détenant des études universitaires (2e ou 3e cycle), ayant un revenu familial de plus de 100 000$ par an et ayant obtenu d’excellents résultats scolaires (+ de 80%) aurait jusqu’à quatre fois plus de chance d’aspirer à aller à l’université que de ne pas vouloir y aller. Voilà donc, ce qui peut expliquer pourquoi un l’élève aspire devenir astronaute et donc de poursuivre ses études.

On peut consulter la thèse de doctorat au lien suivant :

https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/13574

 

Insatisfaction au travail: quels problèmes?

Je vous partage aujourd’hui un article très intéressant sur l’insatisfaction au travail.  Il a été écrit par Louis Cournoyer, conseiller d’orientation et professeur en counseling de carrière.

Insatisfaction de vie au travail : Il est où, le problème?

Par Louis Cournoyer, professeur en counseling de carrière et directeur de la Clinique Carrière à l’UQAM, conseiller d’orientation et superviseur clinique

En plus de mes activités de professeur-chercheur universitaire, je maintiens une pratique professionnelle comme conseiller d’orientation auprès d’adultes en transition de carrière. Comme universitaire, je crois qu’il importe de pratiquer ce que l’on enseigne pour demeurer sensible (cognitivement et affectivement) à son acte formateur. La pratique, de toute façon, j’aime cela!

 

Pour cette chronique, je me permets de me dégager de mes obligations de chercheur appuyant tout ce qu’il avance par sources scientifiques afin de vous livrer plutôt un contenu d’expérience clinique. Sachez toutefois que tout ce qui est avancé dans les propos qui suivent trouve tout de même ses assises théoriques au niveau de champs de connaissances comme, entre autres, l’étude des parcours de vie, l’analyse des réseaux sociaux, les processus de prise de décision de carrière et les enjeux de santé psychologique au travail.

 

Dimensions d’insatisfaction de vie au travail

L’une des choses les plus importantes que j’ai constatées pendant les 20 dernières années (déjà!), c’est que le problème d’insatisfaction en emploi dépasse très souvent la stricte question d’intérêt pour son travail ou pour les tâches. Par souci d’économie d’information pour vous, mais aussi pour les clients que je rencontre, je résume les « dimensions d’insatisfaction de vie au travail » selon quatre catégories (Tableau 1).

 

Tableau 1. Dimensions d’insatisfaction de vie au travail
Les tâches de travail

Se rapportent à vos tâches concrètes, c’est-à-dire à vos fonctions, à ce que vous devez exécuter au quotidien comme action dans la réalisation de votre travail. Pour un enseignant, c’est d’enseigner, de montrer, d’écouter, d’évaluer, etc. Pour un informaticien, c’est de programmer, de structurer, de tester, etc.

 

Pour vous, c’est quoi?

Les relations interpersonnelles

Se rapportent à vos relations interpersonnelles, lesquelles font intervenir les enjeux d’estime et de confiance en soi dans vos relations avec les autres, à votre capacité de gérer la discipline ou l’autorité d’autrui, à votre sentiment d’appartenance à un groupe de collègues, à vos relations avec des clients, des subalternes, etc.

 

Pour vous, c’est quoi?

Le fonctionnement organisationnel

Se rapporte à la manière dont s’organisent les fonctions et les rapports de pouvoir dans votre milieu de travail, aux changements et aux transformations récentes qui influencent la forme et le contenu de vos tâches, aux pressions et aux directives formulées par l’organisation à l’endroit de votre rôle ou de celui des travailleurs.

 

Pour vous, c’est quoi?

 

Les enjeux personnels

Se rapportent à ce qui influence votre vie au travail (vos tâches, vos relations interpersonnelles ou votre capacité à fonctionner au sein de l’organisation), mais qui relèvent avant tout de vous, de votre personnalité ou alors d’épisodes de vie plus ou moins faciles. Puisque personne n’est parfait, notre façon d’être, autrement dit la personne que nous sommes devenus, détermine qui se présente chaque jour au travail, avec ses plus et ses moins.

 

Pour vous, c’est quoi?

 

L’idée derrière ce tableau, c’est de montrer l’importance de procéder à une évaluation fine et passablement approfondie de ses zones d’expérience au travail. Pour ce faire, avec son curriculum vitae ou en fonction des thèmes de discussion qui se présentent librement, il importe d’opérer ce que l’on nomme une « trame narrative », c’est-à-dire une mise en récit de son expérience, au travail dans ce cas, allant des moments heureux d’un jadis plus ou moins lointain jusqu’aux moments récents d’insatisfaction. Autrement dit, qu’est-ce qui s’est passé durant ces mois ou ces années pour que vous en soyez là aujourd’hui?

Illustrations par dimensions

Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain! Très (trop?) souvent, les adultes qui consultent des conseillers d’orientation partent de l’idée que s’ils ne sont pas satisfaits dans leur vie professionnelle, c’est qu’il est sans doute temps d’envisager un changement de carrière. Avant de vous lancer dans une telle décision, assurez-vous d’avoir identifié clairement les bons problèmes.

 

Est-ce une question de tâches de travail ?

Prenez la liste des tâches rattachées à l’emploi que vous avez (jadis) choisi. Que vous l’ayez choisi ou non (circonstances de la vie), que vous vouliez faire ce travail toute votre vie ou que vous ayez appris à l’aimer, qu’est-ce qui dans ces tâches ne vous convient plus aujourd’hui? Attention! Restez centré strictement sur les tâches, et non sur tous les contextes (organisationnels, relationnels, personnels) pouvant influencer l’exercice de celles-ci. Nous traiterons de cela plus loin. Parfois, même avec des tâches qui nous passionnaient au départ, il arrive que l’on se sente rendu ailleurs… Ce qui représentait un défi jadis est devenu routinier aujourd’hui. « Si » c’est bien votre intérêt pour les tâches qui est l’enjeu majeur de votre insatisfaction au travail, alors oui, il pourrait être pertinent d’envisager une réflexion menant à un changement sur le plan de vos qualifications professionnelles. Toutefois, si en expliquant votre insatisfaction envers vos tâches, vous ne pouvez vous abstenir de parler de tout le contexte de vie au travail qui ternit votre plaisir, alors poursuivez votre lecture…

 

Est-ce une question de relations interpersonnelles?

Savez-vous qu’il est très rare qu’un individu subisse un épuisement professionnel strictement pour une question de surcharge de tâches? C’est souvent la pression perçue ou effective des autres (ex. : responsabilités envers ses employés, gestion de son image auprès de ses collègues, de ses patrons ou d’autres figures d’autorité, etc.) qui entraine cette « chute désadaptative ». Ainsi, des conflits s’installent, perdurent et s’intensifient avec une ou plusieurs personnes, au point de nuire à l’exercice de ses tâches de travail. L’enfer, c’est les autres! disait Jean-Paul Sartre.

 

Même s’il est important de faire un travail que l’on aime, on apprend avec le temps qu’il faut aussi travailler au sein d’un groupe d’individus avec qui l’on a des affinités, du plaisir et de la complicité. Nous passons tout de même beaucoup de temps avec ces autres… Donc, qu’est-ce qui, dans vos relations interpersonnelles au travail, s’avère de plus en plus difficile aujourd’hui? Pensez-y : vous pouvez avoir l’impression de ne plus aimer, voire pire, de ne plus être apte à exercer l’emploi que vous avez choisi? La solution à ce problème pourrait résider, par exemple, dans un changement de milieu de travail ou dans la mise en place d’une intervention (formelle ou informelle) auprès des personnes qui asphyxient votre expérience professionnelle quotidienne.

 

Est-ce une question de fonctionnement organisationnel?

Réorganisation, réingénierie, restructuration des activités et des tâches au sein d’une entreprise, mise en vente de l’organisation, arrivée d’un nouveau propriétaire ou d’une nouvelle équipe de gestion, transformation du marché… Ce ne sont que quelques exemples de situations qui peuvent engendrer « structurellement » une plus grande insatisfaction au travail. On dit souvent que le marché du travail est rendu malade. À coups d’efforts d’adaptation de sa productivité (en travaillant plus vite), de sa flexibilité (en intégrant des tâches moins plaisantes) ou de décompensation (en menant toutes sortes d’activités de survie psychologique au-dehors du travail), l’individu peut confondre la part qui lui appartient avec celle qui lui est imposée de l’extérieur. Depuis ce moment où vous étiez plus heureux au travail, qu’est-ce qui s’est transformé au sein de votre organisation et qui a eu de l’influence sur la nature même de votre travail au quotidien? Même les tâches les plus plaisantes réalisées en compagnie d’employés, de collègues et de patrons agréables peuvent rendre insupportable la vie au travail lorsque les structures (organisationnelles, politiques, économiques) exercent des pressions que j’oserais qualifier d’aliénantes.

 

Est-ce une question d’enjeux de vie personnelle?

Comment va la vie personnelle ces temps-ci? Certaines personnes arrivent à trancher clairement entre le travail et la vie personnelle. Je me permets de vous rappeler que votre rôle de travailleur, comme celui de conjoint, de parent ou de loisiriste, s’exerce par une seule et même personne. Si vous traversez un divorce, si vous êtes aux prises avec des problèmes de santé physique ou psychologique (ex. : dépression, anxiété, etc.), si votre hygiène de vie est contaminée par des problèmes de consommation, bref, si « vous filez un très mauvais coton », cela pourrait influencer votre satisfaction de vie au travail.

 

 

Que faire?

Si vous n’êtes pas satisfait de votre vie au travail, que vous pensez (comme moi) que la vie est trop courte pour la passer à s’adapter et à faire plaisir aux autres, que vous avez besoin – maintenant! – d’opérer un changement positif dans votre vie, pourquoi ne pas aller chercher un accompagnement professionnel en ce sens? Je pense plus particulièrement aux conseillers d’orientation membres de l’Ordre des conseillères et des conseillers d’orientation du Québec (OCCOQ). En passant, la vaste majorité des membres de l’OCCOQ interviennent principalement auprès d’adultes, et non plus exclusivement auprès de jeunes. Les processus sont adaptés et personnalisés aux besoins des clients. Également, ce sont des experts des processus de prise de décision de carrière. En vertu d’une récente loi[1], ils sont légalement qualifiés pour vous accompagner si jamais vous présentez (temporairement ou de manière plus prolongée) des problèmes de santé psychologique. Si vous devez consulter un autre professionnel de la relation d’aide (ex. : psychothérapeute), ils sauront vous référer aux bonnes ressources. Surtout, assurez-vous de confier votre vie professionnelle à une personne compétente et qualifiée.

 

À travers cette chronique, je souhaitais porter un message : avant de procéder à des changements importants dans votre vie au travail, prenez le temps de bien identifier « il est où, le problème? »

 

[1] Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines : http://www.ooaq.qc.ca/actualites/doc_pl21/PL21.pdf

Vous pourrez lire ce texte à l’adresse suivante :

http://www.monemploi.com/magazines/insatisfaction-de-vie-au-travail-il-est-ou-le-probleme

 

Emploi d’été et orientation

L’année scolaire tire à sa fin.  Dans moins de deux mois, ce sera la période estivale. Pour certains, ce sera les vacances…peut-être les dernières avant d’arriver véritablement sur le marché du travail, ou d’entrer dans une période où alterneront les sessions d’études et la période estivale consacrée à un emploi d’été.

Vous vous dites sans doute : Mais qu’est-ce que ça me donnerait de me trouver un emploi d’été alors que je ne manque de rien et que je pourrais profiter de ce temps libre à me prélasser sur le bord de la piscine ou à passer du temps avec les amis.  Travailler durant l’été pourrait vous apporter beaucoup plus que ce que vous pouvez croire, même si vous ne travaillez qu’à temps partiel.

Les premiers emplois nous apprennent beaucoup sur nous, même si notre premier emploi n’aura possiblement aucun lien avec notre carrière future dans la majorité des cas.  Un premier emploi sert souvent à gagner son propre argent, à le gérer et à décider de ce qu’on  fera avec.  Comme on n’a pas encore de grandes responsabilités à  16 ou 17 ans, l’argent gagné sert souvent à se procurer des biens.  Rares sont ceux qui pensent à amasser un capital à l’adolescence, à moins d’avoir un plan précis en tête. Une chose est certaine, on réalise rapidement combien de temps il faudra travailler, au salaire minimum la plupart du temps, afin d’amasser la somme requise pour acheter l’objet convoité.  Un premier emploi nous permet donc de découvrir notre rapport à l’argent.

Un premier emploi d’été nous apprend aussi à mieux se connaître quant à nos aptitudes, à nos traits de personnalité et à nos valeurs. Est-ce qu’on est en contact avec des gens dans son emploi? Est-ce que notre emploi nous amène à bouger ou est-ce que c’est un emploi plutôt sédentaire?  Est-ce qu’on travaille à l’extérieur ou à l’intérieur? Quels sont les traits personnels sollicités par cet emploi? Est-ce qu’on s’y sent bien ou est-ce qu’on est inconfortable parce qu’il nous fait sortir de notre zone de confort? De nombreuses questions qu’on se pose sur nous-mêmes peuvent trouver une réponse, si on s’attarde le moindrement, simplement en regardant comment on se comporte ou comment on réagit dans une situation de travail rémunéré, même si on ne fait aucun lien avec ce qu’on souhaite faire dans le futur.  Je parle de travail rémunéré, mais on peut aussi trouver des réponses sur nous-mêmes en faisant du bénévolat.

Travailler durant l’été permet donc d’apprendre à mieux se connaitre.  Et c’est important de bien se connaitre pour trouver ce qu’on voudra faire dans la vie.  Toutes ces expériences qu’il nous est donné de vivre peuvent nous aider à trouver nos repères personnels qui serviront éventuellement à cibler les professions ou domaines d’études convenables pour nous et susceptibles de répondre à nos aspirations, puisqu’on aura pris le temps de se questionner et de s’y arrêter.

Pour trouver un emploi, on peut utiliser ses contacts personnels, mais la plupart du temps, il faut faire des démarches : rédiger son cv et lettre de présentation, cibler des endroits où on aimerait travailler, et aller poser sa candidature. Bref, il faut faire certaines démarches.  Cela impliquera qu’on devra passer éventuellement des entrevues de sélection et se démarquer suffisamment pour obtenir l’emploi. Certes, cela peut être stressant pour certains.  Toutefois, dites-vous que ce devrait l’être moins que pour un poste où vous auriez envie de vous installer pour un bon moment au terme de vos études.  En ce sens, vos recherches pour vous trouver un emploi d’été vous permettront aussi de mieux performer  dans vos entrevues futures.

Et que dire de la maturité que vous pourrez gagner…et qui vous rendra davantage apte à faire les meilleurs choix pour vous-mêmes.

 

Carole Dion c.o.

Choix de carrière et rôle des parents

Le choix de carrière est souvent la première décision d’importance que doit prendre un jeune au terme des études secondaires. Souvent, les jeunes demandent des conseils à leurs parents en cette matière.  Ceux-ci sont donc d’une grande influence lorsque vient le temps pour le jeune de choisir un domaine d’études ou une profession. Même bien intentionnés, les parents peuvent être confrontés à une certaine limite quant à l’aide qu’ils peuvent apporter à lorsqu’il est question du choix de carrière.  C’est souvent dans ce contexte qu’ils consultent un(e) c.o. afin que leur jeune obtienne l’aide professionnelle nécessaire pour sortir de l’impasse décisionnelle à laquelle il est confronté.  Ils se demandent ce que le jeune peut faire avec les options qui s’offrent à lui.

Comme parents, comment apporter l’aide adéquate?

Aujourd’hui, les possibilités de carrière sont nombreuses et l’accessibilité à l’éducation est présente.  De plus, tous les parents veulent le meilleur pour leurs enfants.  Alors, comment les aider sans projeter les désirs de parent et les aspirations professionnelles déçues?  Il faut bien le reconnaître, ce qui est un bon choix de carrière pour l’un ne l’est pas systématiquement pour l’autre.  Ce qui est important, c’est que chacun fasse un choix qui lui convienne.

De là, l’importance d’écouter son enfant et d’essayer de ne pas trop juger… Bref, il ne faut pas couper la communication puisqu’il faut l’amener à parler de lui ou d’elle, de ce qu’il aime au pas, à l’école ou ailleurs, de ce qui est important à ses yeux au travail et dans la vie en général.

Quotidiennement, vous êtes témoins de ses talents, de ses habiletés particulières, de ses qualités personnelles. C’est important que vous lui reflétiez cela.  Peut-être qu’il ou qu’elle ne les voit pas.   Y a-t-il un fil conducteur dans ce qu’il aime, dans ce qu’il est?  En tant que parent, vous êtes le mieux placé, celui qui devrait le connaître le mieux.  Comme la connaissance de soi est à la base du choix de carrière, vous avez un rôle important à jouer pour l’aider à mieux se connaître.  Aussi, vous avez une grande influence sur lui, bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer.  Considérez que vous êtes aussi un modèle qu’il pourrait vouloir imiter…ou pas.

Respecter l’unicité du jeune dans son choix de carrière

Alors, comment faire pour l’aider, sans imposer vos propres choix et vos valeurs? Simplement en l’aidant à découvrir qui il est. Invitez-le  à s’exprimer sur ses aspirations futures. Mais on fait cela comment? À partir des expériences personnelles qu’ils ont pu vivre.

À titre d’exemple, plusieurs jeunes occupent des emplois durant les  fins de semaine ou lors des vacances estivales.  On peut acquérir une meilleure connaissance de soi en saisissant des occasions d’explorer concrètement le marché du travail.    Ainsi, un jeune peut obtenir un emploi d’été auprès d’un jeune handicapé ou dans un terrain de jeux.  Pour l’un, ce sera la confirmation qu’il n’a aucune aptitude pour la relation d’aide.  Un autre pourrait se rendre compte que d’aider les autres donne un sens à sa vie et le valorise.  Déjà là, il y a toute une série de carrières à explorer ou pas, selon qu’il a aimé ou non son expérience de travail estival.

De réfléchir à ce qu’une expérience nous apprend sur nous, c’est ce qui nous permet de nommer éventuellement certaines de nos caractéristiques personnelles. Aucune expérience de travail n’est futile.  Dites-vous qu’il devrait en apprendre davantage sur lui-même grâce à divers emplois occupés à l’adolescence.  Pour d’autres, ce sera le bénévolat.  Quelles sont les causes qui l’intéressent?  Qu’est-ce qu’il aime de ses expériences? Qu’apprend-il sur lui? Votre rôle dans tout cela, c’est de favoriser les échanges constructifs.  Il vous faudra accepter qu’il exprime ou formule des intentions qui ne tiendront que quelques jours ou quelques semaines.  C’est aussi cela être en exploration!

Encourager et favoriser l’exploration

Vient un temps où il faut regarder davantage les programmes d’études et s’informer sur les professions. Lorsque c’est possible, il est intéressant de rencontrer des personnes qui étudient dans un domaine qui nous intéresse ou encore qui exercent le métier ou la profession qui nous interpelle.  S’informer sur une profession est nécessaire pour savoir si elle nous convient.  L’information ne manque pas.  De plus, il est pertinent de consulter les données concernant le marché du travail.  En effet, il peut être pas mal stressant de composer avec un emploi caractérisé par la grande précarité lorsqu’on a un immense besoin de sécurité.  On a beau être passionné d’un sujet ou d’un domaine, il se pourrait aussi que l’objet de notre intérêt ne corresponde qu’à des besoins limités de main-d’œuvre une fois sur le marché de l’emploi.

Finalement, il faudra accepter et reconnaître que tout ce processus de réflexion nécessite du temps.  Chaque personne a son propre rythme. Ce processus peut amener une certaine anxiété, mais il faut la tolérer temporairement. Beaucoup de réponses aux questions qui concernent le choix de carrière sont à l’intérieur de la personne .   Pour les trouver il faut accepter de se questionner. En tant que parent, manifester votre impatience face au jeune qui n’arrive pas à faire un choix ne l’aidera en rien. Dans un pareil cas, votre attitude ne ferait qu’exprimer votre propre anxiété dans la situation et contribuerait à rehausser celle du jeune, ce qui n’est nullement constructif.

Votre jeune demeure indécis quant à son avenir? Pourquoi ne pas l’inviter à consulter un(e) conseiller(ère) d’orientation? Ce professionnel  pourra le guider dans sa réflexion et l’outiller pour qu’il en arrive à faire un choix éclairé.

 

Choix de carrière à l’ère de l’immédiateté

De nos jours, tout va vite.  Les personnes, particulièrement les jeunes, sont habituées à obtenir une réponse rapide à leurs questionnements, simplement en utilisant l’internet.  Il apparait difficile pour certains d’admettre que ça puisse être différent lorsqu’il est question de penser au choix de carrière.

Or, s’il existe des questions auxquelles on ne peut obtenir une réponse immédiate, ce sont bien les questions concernant le choix d’un domaine d’études et de la carrière.  Pourquoi en est-il ainsi?  Simplement parce que ces questions  demandent de la réflexion et que celle-ci nécessite qu’on y accorde un certain temps. Certes, toute cette réflexion peut parfois générer une certaine anxiété poussant ainsi les personnes à vouloir escamoter les étapes afin d’obtenir une idée d’un programme d’études à considérer ou une profession à envisager. Le fait d’avoir identifié une possibilité de carrière diminue l’anxiété pour certains.  Toutefois, on ne peut pas être assuré que toutes les questions auxquelles la personne aurait dû s’attarder ont été étudiées.  En ce sens, le choix n’est peut-être pas très éclairé s’il est fait de manière précipité. Tôt ou tard, les questions  auxquelles on ne se sera pas attardé au moment opportun s’imposeront inévitablement.

Ajoutons à cela, des parents eux-mêmes anxieux face au choix d’un jeune et on se retrouve dans une dynamique particulière  où l’anxiété de l’un vient augmenter celle de l’autre, créant ainsi un climat peu favorable à la réflexion et à l’introspection.

L’anxiété générée par le choix de carrière à faire doit être tolérée temporairement. Tenter d’y mettre fin abruptement n’amènera pas nécessairement la personne à faire le meilleur choix, celui qu’elle aurait pu faire si elle avait toléré une certaine anxiété passagère, alors qu’elle tente de trouver des réponses à ses questionnements en réfléchissant sur elle-même afin de trouver ses propres repères identitaires.  Pour faire un choix éclairé au plan de la carrière, il faut regarder la situation sous plusieurs angles. La démarche demande de se questionner sur soi, sur le monde du travail, sur les professions, afin de trouver le meilleur appariement entre la personne que nous sommes et les possibilités qui s’offrent à nous en vue d’accéder à une carrière qui correspond à la conception qu’on a de soi.

Si vous sentez que vous tournez en rond dans votre réflexion au sujet de la carrière, n’hésitez pas à consulter un(e) professionnel(le) de l’orientation qui vous guidera dans votre démarche.

www.orientation.qc.ca

 

 

Académos et le cybermentorat

 

Qui n’a pas rêvé de pouvoir échanger avec des personnes œuvrant dans le secteur d’activités qu’il convoite?  Certes, les informations ne manquent pas sur les programmes d’études et les professions (internet, maisons d’enseignement, guide sur les carrières, Repères, etc).  De plus, les jeunes peuvent participer à «Jeunes explorateurs d’un jour» (https://www.jeunes-explorateurs.org/), à «Étudiant d’un jour» dans les cegeps ou encore à «Élève d’un jour»  dans les centres de formation professionnelle au secondaire. Ceci est déjà très intéressant pour valider si notre intérêt est toujours présent pour la profession ou le programme d’études auquel on aspirait jusque-là.  Toutefois, échanger avec des personnes travaillant dans le domaine qui nous intéresse pourrait s’avérer nécessaire afin de mieux saisir la réalité de ceux-ci sur le marché du travail, amenant ainsi les futurs étudiants à tenir compte de ces nouvelles données ou informations dans leur processus de décision au sujet du programme d’études à entreprendre. Bien qu’il soit possible de trouver  autour de soi une telle ressource prête à nous instruire sur la réalité quotidienne de son travail, tous n’y ont pas accès à travers leurs contacts personnels.

Académos offre cette possibilité aux jeunes entre 14 et 30 ans.  À ce jour, plus de 1700 mentors sont disposés à répondre aux interrogations des jeunes sur beaucoup de professions.  Et c’est tout à fait québécois.

Sur ce réseau social (mobile ou tablette), les jeunes peuvent :

  • Dialoguer avec des mentors exerçant le métier qu’ils veulent faire, des étudiants du domaine qu’ils convoitent, des établissements scolaires, des entreprises; qu’ils auront choisi ou que la plateforme leur aura suggéré.
  • Partager leurs intérêts avec leurs pairs en se créant un profil professionnel ou en participant à des groupes d’intérêt.
  • Développer leur plein potentiel et bien préparer leur avenir professionnel en accomplissant des missions qui leur seront attribuées en fonction de leur cheminement.

Pour visiter Académos : http://www.academos.qc.ca/

Bonne exploration!