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S’orienter au service de l’essentiel

Je vous partage ce texte écrit par Louis Cournoyer Professeur-chercheur en counseling et développement de carrière, directeur de la maitrise en counseling de carrière (UQÀM), conseiller d’orientation et superviseur clinique.

Ce texte est tout à fait pertinent en ce temps où plusieurs ont aussi à réfléchir à leur choix de carrière alors que le fonctionnement habituel est bouleversé et que l’après ne sera plus jamais comme avant.

Bonne lecture!

https://www.monemploi.com/magazines/s-orienter-au-service-de-l-essentiel

Bon, ben c’est cela, là… Pandémie, points de presse quotidiens de Legault, désorganisation et déstructuration des habitudes de vie, insécurité et instabilité envahissantes, pertes d’emploi, de revenus, de sécurité… mais aussi, réflexions sur le sens de la vie, pour soi et avec et parmi les autres… 

Est-ce que l’on vit une transition vers un changement ou juste une situation, une mauvaise passe adaptative? Nous fonctionnons toujours pour l’instant, avec nos repères, ce que l’on connait, ce que l’on sait faire. Nous sommes placés, nous, humains, tous les humains, dans une situation d’apesanteur, où l’on ne sait plus si ce qui prévalait va prévaloir « après », sans savoir à quand se situe cet… après. Nous voilà télétravailleurs, enseignants à la maison, « zoomeurs » de réunions de travail, de soupers entre amis, de survie de son besoin de sociabilité avec le monde extérieur.

Il y a des jours, des moments, où il nous apparait mieux éviter de trop ressentir, parfois l’on ressent trop, parfois nous refusons de ressentir parce que c’est juste trop. Ce sont là des stratégies d’ajustement plus ou moins adaptatives communes à l’être humain (Young & Klosko, 2003). Parfois, au contraire, nous arrivons à porter ce qui se passe, à accepter que l’on ne contrôle rien, que c’est juste là, autour, cette anormale normalité ou cette normalité anormale. On ne sait pas quand cela va se terminer. Le « ça va bien aller » est appelé de plus en plus à devenir « ça va bien se gérer », car individuellement et socialement il faudra bien donner du sens à tout cela.  Le « ça » qui doit bien aller, c’est surtout « nous », « soi ». 

Si ça revient vite à la « normale », nous pourrons enfin reprendre une vie jugée tout aussi normale, du moins une vie plus stable, sécurisante, sur laquelle nous avons plus de pouvoir de contrôle. Par contre, plus ça va durer, plus il est possible de penser que cela va imposer progressivement de nouvelles réalités de vie personnelle et sociale, de nouvelles données avec lesquelles composer pour fonctionner en société. Plus il deviendra difficile à ce moment de rester accrochés à nos repères du passé comme facteurs de décision, plus nous serons confrontés à la « traverse du changement ». D’un « que vais-je devenir? » va s’imposer le plus fondamental « qui suis-je et que puis-je faire? » là, maintenant? 

S’orienter au… service de « l’essentiel »… 

L’un des paradoxes de l’orientation est de chercher à trouver dans le monde ce qui se construit d’abord en soi, par soi. Un autre de ces paradoxes est de penser qu’il existe une bonne méthode pour trouver un bon choix, quelque chose de commun, de normal, alors que s’orienter s’avère une expérience intime, qui nous confronte à nous-mêmes, à nos forces comme à nos limites, à nos espoirs comme à nos doutes. C’est pourquoi il est bon d’être accompagné par une conseillère, d’un conseiller d’orientation qui connait bien les « passes » que l’on est appelé (naturellement) à traverser. Et bonne nouvelle! Il y a une donnée plus solide, plus fiable, bien que subjective et imparfaite, sur laquelle nous pouvons nous appuyer : soi. 

Au moment où l’on prend conscience à quel point nous sommes tous unis, que le travail de certaines, de certains, joue un rôle de « service essentiel », nous sommes invités ou rappelés à concevoir l’acte de s’orienter comme une action sociale. À quoi je sers dans le monde? À quoi je pourrais servir? Il ne s’agit pas ici de servitude au sens de soumission, mais au contraire de vouloir servir par soi quelque chose de plus grand que soi. Le plaisir, l’engagement, mais aussi le sens sont trois voies par lesquelles nous pouvons évaluer notre bien-être en regard de ce que nous jugeons être et faire (Lee Duckworth, Steen & Seligman, 2005; Lee Keyes, 1998). Prenez un moment pour vous poser ces questions : 

  •  Le plaisir : est-ce que les actions que je pose déclenchent des émotions positives, me procurent un état de flexibilité et d’ouverture, encouragent l’expression de mes pensées, de ma créativité, assurent la mobilisation de mes ressources intellectuelles, relationnelles, physiques ou psychologiques?
  • L’engagement : est-ce que les actions que je pose représentent un défi suffisamment difficile pour être stimulant, encourager mon dépassement, tout en demeurant accessible sur le plan des efforts à mettre?
  • Le sens : est-ce que les actions que je pose sur le plan personnel sont cohérentes, utiles et intégrées à celles de mon monde?

Il n’y a pas de plaisir sans engagement ni sens. Il n’y a pas d’engagement sans plaisir ni sens. Il n’y a pas de sens sans plaisir ni engagement. De la même manière, il n’y a pas de plaisir, d’engagement ou de sens sans cohérence, congruence, appartenance avec l’autre, le monde. 

Plutôt que de chercher à faire sa place dans un « marché » de l’emploi, pourquoi ne pas chercher à contribuer à donner du sens dans le monde? Nous le voyons actuellement. Être utile, voire essentiel, ce n’est pas juste de se faire Bouddha, Martin Luther King ou responsable de la santé publique et promoteur de tartelettes portugaises… Voyez-vous comme moi le « sens » que l’on peut donner (soudainement) à son travail de caissier d’épicerie, de responsable de l’entretien ménager en milieu hospitalier, de transporteur de denrées alimentaires, lorsque cela sert quelque chose de plus grand que soi? Il faudra se le rappeler… après. 

Références 

Keyes, C. L. (2006). Subjective well-being in mental health and human development research worldwide: An introduction. Social indicators research77(1), 1-10.

Lee Duckworth, A., Steen, T. A., & Seligman, M. E. (2005). Positive psychology in clinical practice. Annual Review of Clinical Psychology1, 629-651.

Young, J. & Klosko, J. (2013). La thérapie des schémas. Bruxelles : De Boeck. 

Être acteur de son bonheur

On dit souvent qu’une image vaut mille mots. J’ai choisi aujourd’hui de vous partager cette image qui illustre bien comment on peut être l’acteur de son bonheur ou être spectateur de sa propre vie.

Certes, la période actuelle où tout le monde voit sa vie chamboulée à cause de la pandémie amène les personnes à aborder la situation de différentes manières. Vous vous reconnaissez dans l’image suivante?

Carole Dion c.o.

L’indécision et le choix de carrière

L’indécision est l’incapacité à exprimer un choix dans le contexte où une personne a à décider.  Elle pense, réfléchit sans cesse, mais n’arrive pas à opter pour une option plutôt qu’une autre.  Elle ne passe pas à l’action. L’indécision en rapport avec les études et le choix de carrière est l’incapacité de choisir parmi plusieurs options ou choix possibles.  Du temps des parents et des grands-parents, les options étaient beaucoup moins nombreuses qu’aujourd’hui.  De nos jours, les possibilités de formation sont nombreuses et plusieurs professions de demain n’existent pas encore.  Le marché du travail évolue, se transforme, ce qui amène de nouveaux besoins de main-d’œuvre qualifiée pour y répondre.  De là, la création de nouveaux programmes d’études au fil du temps.

En matière d’orientation scolaire et professionnelle, il est fréquent que nos clients soient confrontés à de l’indécision. Cette indécision peut être passagère ou chronique.  Dans le cas de l’indécision passagère, l’indécision est situationnelle et temporaire. Comme la personne est en développement, il se peut qu’elle manque d’information sur elle-même ou sur les professions afin d’être en mesure de faire un choix.  Pour certains, l’immaturité peut expliquer l’indécision. Ils se refusent à s’attarder à certaines questions d’importance lorsqu’on a un choix de carrière à faire.   Dans le cas de l’indécision chronique,  la personne rencontre de l’incapacité à se décider dans plusieurs sphères de sa vie.  Cette indécision ne semble pas vouloir s’atténuer avec le temps. La personne aux prises avec ce type d’indécision aura tendance à éviter de prendre des décisions.  Lorsqu’on la contraint de le faire, elle bâclera la réflexion et la décision qui en découle. Ce type d’indécis tolère très mal l’incertitude  et déteste prendre des risques, souvent inhérents à toute prise de décision.  Ces indécis chroniques ruminent constamment leur décision et reviennent fréquemment sur celle-ci.

Prendre une décision de carrière suppose qu’on doive avoir une certaine tolérance à l’incertitude et accepter un certain risque.  Si nécessaire, il fait avoir la capacité de revenir sur sa décision, réfléchir sur les éléments nouveaux susceptibles de l’influencer, et redéfinir une nouveau projet professionnel au meilleur de nous-même en tenant compte des nouvelles informations.

Toutes les formes d’indécision sont susceptibles d’amener une certaine anxiété.  Généralement, celle-ci s’estompe une fois la décision prise.  Lorsqu’elle persiste, elle peut amener une indécision plus chronique. Lorsque trop envahissante, l’anxiété peut entraver le processus de réflexion, amenant les personnes à décider impulsivement, en se fermant à certaines options,  et en  ne faisant pas une réflexion approfondie quant aux options présentes. De là, la possibilité de ne pas faire le choix optimal.

Plusieurs croyances, peurs ou manques peuvent être des causes de l’Indécision.

Les croyances

Certains peuvent penser :

  • Que les conséquences d’une mauvaise décision seront désastreuses
  • Qu’ils doivent avoir toute l’information pour décider
  • Qu’ils n’ont pas le droit de revenir sur leur décision une fois qu’elle est prise
  • Que les gens qui changent d’idées ne réussissent jamais rien
  • Qu’ils ont  besoin que les autres approuvent leur décision
  • Qu’ils sont destinés à une seule profession et qu’ils doivent la trouver
  • Qu’il leur faut la certitude de faire le meilleur choix
  • Qu’on fait un choix de carrière pour la vie

Ces croyances souvent cultivées au sein de la famille et de l’entourage n’aident en rien la personne indécise à s’en distancier et à les remettre en question.

D’autres peuvent être envahis de peurs :

  • Peur de se tromper
  • Peur d’échouer
  • Peur de l’inconnu
  • Peur de déplaire à l’entourage, à ses parents

D’autres  ressentent des manques :

  • Connaissance de soi insuffisante
  • Manque d’expérience dans la prise de décision : on ne leur pas appris à décider
  • Manque d’information ou encore sont  submergés d’information qu’ils n’arrivent pas à traiter.
  • Manque d’organisation : ne savent pas par où commencer
  • Manque d’ouverture : on tendance à rester collés à ce qu’ils connaissent plutôt que de s’ouvrir à davantage de possibilités.  Ils peuvent agir impulsivement, sans réfléchir.
  • Manque de confiance dans leur capacité pour prendre une décision.

En matière de choix de carrière, il y a beaucoup de réflexion à faire, d’abord celle qu’on doit faire sur soi-même quant à ses aptitudes, ses intérêts, sa personnalité, ses valeurs, ses aspirations, ses limites et contraintes. Une fois ces repères identitaires clairement définis, il est approprié d’explorer le monde des professions et les programmes d’études disponibles, en faisant des liens entre nos caractéristiques personnelles et celles requises par les professions et les programmes d’études.

Il faut aussi affronter ses peurs, confronter ses croyances, tolérer l’incertitude et l’inconnu. Le choix de carrière est un choix personnel et individuel.  Il faut donc parfois accepter de déplaire pour se respecter et assumer un choix qui nous convient.  Avancer dans la vie, c’est faire face à l’inconnu à chaque jour. On ne peut avoir le contrôle sur tout. C’est la vie!

Nul ne connait l’avenir, les changements technologiques qui surviendront, les problématiques qui apparaîtront, les revers de l’économie et les impacts sur le marché de l’emploi.  En matière de choix de carrière, il faut être capable de composer avec l’incertitude et faire le meilleur choix possible entre les programmes d’études et les professions correspondant à nos aptitudes, nos intérêts, notre personnalité, nos valeurs, tout en étant susceptible de répondre à nos aspirations pour le futur.  Il faut accepter de prendre une direction, oser, s’engager, quitte à se réajuster si nécessaire.

Carole Dion, Conseillère d’orientation

Les tests d’intérêts expliqués aux parents pour une meilleure compréhension de leur utilité

Comme conseiller d’orientation, il arrive qu’on utilise des tests psychométriques afin d’évaluer le profil des intérêts de notre client.  Bien que les résultats du test d’intérêts soient présentés et expliqués à ce dernier, il m’arrive de constater que certains parents saisissent mal ce qui ressort du test de leur jeune de par les commentaires que celui-ci me rapporte.  Ceci m’amène aujourd’hui à vous expliquer brièvement l’information qu’on peut tirer d’un test d’intérêts et de ce que cela signifie.

D’abord, il faut parler du rationnel théorique à l’origine de la typologie de Holland (ou Types RIASEC).  La typologie de Holland, du nom de son auteur (un psychologue américain) John L. Holland,   est le fruit d’une recherche où il a fait le constat que les personnes qui exerçaient une profession donnée avaient en commun certains points.  Ils avaient des intérêts similaires, possédaient certains traits de personnalité et partageaient des valeurs communes. Ses recherches l’ont amené à distinguer 6 types différents : Réaliste, Investigateur, Artistique, Social, Entreprenant, Conventionnel.  Cette typologie de base a été utilisée dans la création de plusieurs tests d’intérêts couramment utilisés pour évaluer les intérêts des personnes dans le cadre d’un processus d’orientation.  Psymétrik, une compagnie québécoise, a quant à elle identifié un septième type, soit le type Éveilleur (Z).

Il faut  comprendre que nous possédons tous  à des degrés divers chacun de ces types en nous, mais la plupart des personnes possèdent deux types dominants, ce qui est utile à connaitre lorsque vient le temps d’explorer les professions davantage susceptibles de correspondre au profil du client.  En somme, un test d’intérêts ça sert à identifier les intérêts dominants d’une personne, généralement ceux qu’elle aura le goût d’actualiser dans un métier ou une profession.  Le test exprime les intérêts dominants au moment de la passation du test.  Comme les intérêts sont susceptibles de changer, il se peut qu’un second test donne des résultats différents lorsque les intérêts de la personne seront davantage consolidés.

Qu’est-ce qui caractérise chacun de ces types?

Le Réaliste

Le type Réaliste est celui qui aime le concret, travailler physiquement, utiliser des machines, des outils, des appareils, opérer de la machinerie, conduire, fabriquer, réparer. On lui reconnait un esprit pragmatique et la débrouillardise. C’est une personne qui aime travailler manuellement et physiquement qui aime parfois les sensations fortes, l’adrénaline, et peut avoir une bonne tolérance aux risques.  Ce type aime le plaisir et l’action.  Plus ou moins à l’aise avec son monde intérieur, il n’est pas celui qui aime s’exprimer sur ses états d’âme.

L’investigateur

Le type Investigateur est celui qui est curieux, a soif de connaissances et de savoir. Il souhaite que son travail l’amène à solutionner des problèmes (souvent abstraits, mais aussi concrets) par la réflexion.  Souvent, il a des intérêts pour les sciences et les mathématiques.  Doté d’un esprit logique, analytique, et d’un sens critique assuré, il aime accumuler des connaissances et des savoirs.  C’est le type qui est le plus susceptible de faire des études avancées de par l’importance qu’il accorde aux études et au savoir.  C’est aussi un type qui aime s’isoler, être dans sa tête, réfléchir. Il apparaît souvent réservé et sérieux.  Il n’apprécie pas nécessairement les rencontres mondaines et les discussions vides de sens. Il a besoin d’une stimulation intellectuelle dans son travail.

L’Artistique

Le type Artistique est celui qui aime s’exprimer d’une manière artistique dans son travail (le théâtre, le cinéma, la peinture, la sculpture, l’écriture, la poésie, la littérature, la musique, la décoration, l’art oratoire, etc.).  C’est une personne créative qui souhaite exprimer ses idées et ses états d’âme dans son travail et qui  a une facilité à utiliser son imagination. C’est une personne rêveuse, imaginative, émotive, idéaliste, un peu bohème, qui  recherche le changement, l’aventure, la nouveauté.  Elle aime suivre ses intuitions et ses impulsions.  Elle a horreur de la routine et est très attachée à sa liberté d’action et d’expression.  C’est souvent une personne peu conventionnelle et originale

Le Social

Le type Social est celui qui aime les activités où il sera amené à être en contact avec les autres en vue de les comprendre et de leur venir en aide.  Respectueux, dévoué, bienfaisant, accueillant, il aime travailler sur des problèmes humains. Enseigner, conseiller, aider, soigner, faire de la relation d’aide sont des rôles susceptibles de l’interpeller. Le type Social aime l’harmonie et préférera régler les problèmes par la discussion et l’amélioration des rapports entre les personnes.

L’Entreprenant

Le type Entreprenant est celui qui aime vendre, gérer, convaincre, exercer du leadership, ou encore avoir sa propre entreprise. C’est une personne très à l’aise en société, qui s’exprime généralement avec aisance, qui aime les défis et la compétition. Doté d’un bon estime d’elle-même, elle est enthousiaste, dynamique, énergique. C’est souvent une personne  meneuse qui sait convaincre les autres d’adhérer à ses causes et qui aime voir grand.  Elle fonce et a souvent une bonne tolérance aux risques.  Elle accorde de l’importance à l’argent, au prestige, aux responsabilités, voire aux apparences, au pouvoir.

Le Conventionnel

Le type Conventionnel est prudent et discret.  Il a un grand besoin de sécurité et il s’accommode d’une vie simple. Il fonctionne bien dans un environnement structuré où les règles et les protocoles sont clairs.  Il déteste l’imprévu et les changements.  Il aime les situations prévisibles et tolère très bien la routine. Au travail, il est consciencieux, attentif, méthodique, soigné, précis sérieux, stable, et a un grand sens du devoir.  Il déteste la compétition et ne cherche pas à occuper des fonctions avec de grandes responsabilités qui viendraient empiéter sur ses autres sphères personnelles.  Il accorde une grande importance à la conciliation entre le travail et la famille.  Il préfère un travail sédentaire.

L’Éveilleur

Le type Éveilleur  est un humaniste qui désire sincèrement contribuer à l’évolution de la race humaine. Idéaliste, il est préoccupé par les causes sociales et/ou environnementales.  Il considère important que tout soit subordonné à un idéal élevé. Sa première source de motivation est sa vision idéaliste du monde.  Il possède une vision large et profonde de ce qui peut être profitable aux êtres vivants. Il n’a pas peur des luttes difficiles. Il a développé une conscience planétaire.  Il n’hésitera pas à porter et à défendre ses arguments au niveau politique. Il veut faire changer les choses et faire avance des causes.

En conclusion

Il y aurait encore beaucoup à dire au sujet des tests d’intérêts.  Chaque personne a un profil qui est unique et qui nécessite qu’elle reçoive une interprétation personnalisée de ses résultats, où elle aura l’occasion d’apporter des nuances afin d’intégrer toute l’information obtenue.

Le fait de connaitre ses types dominants aidera la personne dans l’exploration des professions susceptibles de la rejoindre puisqu’elle sera en mesure d’orienter sa recherche vers des domaines professionnels plus circonscrits et en lien avec ses intérêts.

Si vous n’êtes pas certain de bien saisir l’information ressortie du test d’intérêts de votre jeune, n’hésitez pas à demander des explications afin de bien saisir ce que le test révèle à son sujet, plutôt que de rester avec une mauvaise interprétation selon la lecture que vous en avez faite.

Carole Dion c.o.

La difficulté de choisir et de se mettre en action

La difficulté de choisir et de se mettre en action

En orientation, il est fréquent de rencontrer des personnes qui hésitent à choisir entre des options de carrière qui pourraient leur convenir.  Elles n’osent pas se mettre en action pour actualiser un projet professionnel qui pourtant les anime réellement.  Comment expliquez tout cela?

Composer avec l’incertitude

Certains aimeraient avoir la certitude que le choix exprimé satisfera éventuellement toutes leurs exigences et critères. Ainsi, comment avoir la certitude que la profession choisie offrira toutes les possibilités voulues dans le futur? Plusieurs facteurs, hors de notre contrôle, sont susceptibles d’affecter positivement ou négativement de nombreux secteurs d’activité professionnelle dans le futur. Personne ne peut prédire ce que sera la réalité future d’une profession donnée, pas même un conseiller d’orientation.

Aussi, qui peut dire que ses goûts, ses intérêts, sa personnalité, ou ses priorités, ne changeront pas au fil du temps? Personne, je crois.  Il faut donc faire le meilleur choix possible, celui qui tient compte  des informations dont on dispose sur soi et sur le marché du travail au moment où on a à exprimer un choix professionnel. Il faut accepter que ce choix ne soit peut-être pas parfait.  Toutefois,  c’est possiblement  la meilleure option pour soi à ce moment-ci. En se mettant en action, on est davantage susceptible d’avancer vers ce qui compte réellement pour soi.  Évidemment, choisir implique aussi de renoncer.

D’autres hésitent à se mettre en action, à faire ce qu’il faut pour changer de domaine.  Retourner aux études, faire des  sacrifices,  mettre des efforts pour actualiser un autre projet professionnel, ça peut faire peur. En optant pour le statu quo, ils se maintiennent dans un univers connu et sécurisant. En exprimant encore  toutes leurs insatisfactions en lien avec leur carrière, ils nourrissent leur sentiment de frustration.  Il vient un temps où il fait assumer ses choix, ses décisions, voire son inaction.

 Ah, si c’était à refaire!

Combien de fois avez-vous entendu cette phrase, d’un parent, d’un ami, voire d’une connaissance? Plusieurs remettent en question leur choix de carrière initial. Leurs propos ressemblent à :  «Si c’était à refaire, j’exercerais telle profession ou tel métier, je ferais tel type d’études,» etc.  Or, ce que ces personnes ne réalisent pas c’est qu’elles ont fait un choix de carrière à un âge donné dans une époque donnée, en fonction de la connaissance qu’elles avaient d’elle-même à ce moment-là, et de la réalité du marché de l’emploi de ce temps-là.

Aujourd’hui, ces personnes ont évolué, se connaissent davantage, et leurs intérêts ont possiblement changé au fil du temps.  Certains aspects de leur personnalité ont fort probablement changé aussi.  Par ailleurs, des professions de l’époque se sont transformées, certaines sont disparues.   D’autres sont nées suite à des nouveaux besoins des industries, des entreprises, ou encore de la population, par exemple.

Si ces personnes avaient à refaire un choix initial de carrière aujourd’hui, elles le feraient dans la société d’aujourd’hui.  Elle se baserait  sur la connaissance qu’elles ont d’elle-même en ce moment, avec leur propre personnalité et la maturité d’un jeune, non pas celle de l’adulte mature qui, fort de son vécu personnel et professionnel, revoit le chemin parcouru avec un regard critique. Qui dit aussi si les cheminements qu’elles auraient aimé faire leur auraient été accessibles? À cause de leurs notes, du contingentement de programme, ou encore  de difficultés rencontrées en cours de route, leur projet ne se serait peut-être pas réalisé. C’est trop facile de dire si c’était à refaire je ferais autre chose de ma vie professionnelle.

Passer à l’action

Face à sa carrière, il ne faut pas rester passif et en attente que quelque chose se passe sans avoir à faire d’efforts d’une quelconque manière.  Il faut passer à l’action.  Malheureusement, certains aimeraient avoir terminé le projet avant de l’avoir commencé. Vous me direz probablement que ce n’est pas tout le monde qui peut faire tous les changements souhaités.  Vu  les obligations personnelles, certains peuvent avoir de réelles contraintes.  Toutefois, si  on cherche un peu, chacun a un peu de pouvoir pour changer sa situation. Il faut réfléchir, voir ce qu’il est possible de faire, analyser les options réalistes et réalisables, et passez à l’action.  Autrement, il ne reste qu’à assumer son inaction.  Chacun est libre de choisir où sont ses priorités.

 

Carole Dion, conseillère d’orientation

Qu’est-ce qu’un processus d’orientation?

Le conseiller d’orientation permet d’avoir un accompagnement personnalisé en matière de choix de carrière. Aussi, le processus d’orientation est l’occasion  de réfléchir sur soi, sur sa carrière, sur ses études, sur ses projets professionnels.   Le but du processus est de permettre au client de  trouver des réponses à ses questions.  Le c.o amène ce dernier  à se poser les bonnes questions.  De plus, il peut être difficile et angoissant de se projeter dans le futur. Être accompagné dans cette réflexion est important.  Le c.o. est un guide qui  accompagne pour  aider à sortir de l’impasse décisionnelle.

Consolidation de l’identité

Dans une telle démarche, le c.o aide le client à identifier  le problème auquel il fait face. De plus, il l’aide à identifier ses ressources personnelles, ses limites et contraintes. Ne pas savoir quoi choisir comme programme d’études peut supposer  plusieurs difficultés chez la personne qui consulte. La plupart du temps, particulièrement si la personne est jeune, celle-ci manifeste une faible connaissance de soi.  Elle sait peu de choses de ses aptitudes, de ses valeurs, et de sa personnalité.  Ceci explique pourquoi la personne n’arrive pas par la suite à faire des liens requis. Pour s’orienter, la personne doit faire des liens entre ses caractéristiques personnelles et celles requises par les professions.  Ne pas savoir qui on est n’aide pas à savoir ce que l’on cherche.  Aussi, il faut être conscient de ses limites personnelles.   Au bout du compte le projet de carrière doit être réaliste et réalisable.

L’exploration

S’informer sur les programmes d’études et les professions, c’est bien.   En autant qu’on a suffisamment d’information sur soi-même pour faire les liens requis.  Fouiller dans les guides sur les carrières, c’est souvent ce que font les personnes confrontées au choix de carrière.   Toutefois, il est nettement préférable de trouver ses repères personnels en premier lieu. Plus la personne aura une image claire de ce qui la caractérise, plus ce sera facile  d’identifier ce qui pourrait lui convenir comme professions.   Plusieurs  sont susceptibles de lui convenir, pas juste une.  En explorant les formations sans une connaissance suffisante d’elle-même , la personne risque de se retrouver encore plus perdue devant tant  de possibilités.  Aussi, elle peut  même vivre une certaine période d’anxiété, ce qui n’aide pas à faire le meilleur choix.  Celui-ci  devrait être mûri, réfléchi, éclairé.

Certains pourraient croire que le processus est complété une fois que la personne a identifié une couple de professions intéressantes.  Pas vraiment.  Il reste encore beaucoup de travail à faire.  Ainsi, ce n’est pas parce que la personne a identifié une profession comme étant intéressante que celle-ci satisfera ses critères et besoins pour le futur. Si la personne cesse le processus à cette étape, elle pourrait  prendre conscience d’une réalité de la profession choisie qu’une fois sur le marché du travail.  Elle aurait pu très bien être informée de tout cela si elle avait approfondi la connaissance de la profession ou du métier au moment du choix initial.

Le traitement de l’information

À  quelles conditions de travail aspirez-vous?  Toutes les professions n’offrent pas les mêmes conditions, salaires, perspectives professionnelles, ou encore les mêmes possibilités d’avancement.  Si tout cela a une certaine importance pour la majorité des personnes, plusieurs ne s’en préoccupent pas suffisamment pour dire qu’ils font réellement un choix de carrière réfléchi.

Certes, on ne connait pas l’avenir, l’évolution que prendront les professions, le marché du travail futur, l’économie, etc. Le c.o. ne peut prédire comment le marché du travail va tourner ou évoluer.  Nul sait ce que sera l’avenir d’une profession donnée.  Toutefois, il faut au moins prendre le temps d’analyser l’information disponible sur une profession donnée, du moins si on pense opter pour celle-ci pour la carrière.  Par ailleurs, il faut tenter de rencontrer des personnes qui exercent les professions qui pourraient nous intéresser. Ces personnes pourront nous informer sur des aspects concrets de leur profession dans le contexte de leur secteur d’activité.

Aussi, on doit considérer que les perspectives professionnelles actuellement disponibles sont des prévisions.  Elles  sont basées sur l’analyse des tendances observées sur le marché du travail. Ces prévisions doivent être considérées comme des tendances. Pour cette raison, les personnes sont invitées à les utiliser avec prudence et jugement .  Elles doivent les mettre en relation avec d’autres informations provenant de sources crédibles.

Actuellement, les prévisions proviennent d’Emploi-Québec et de Service Canada. Ces deux organismes utilisent des méthodes d’analyse différentes. Les données de Service Canada présentent des prévisions de croissance et de besoins de main-d’œuvre pour les quatre prochaines années, tout au plus.  Pour les professions les plus significatives, un texte produit par Service Canada présente le raisonnement qui justifie les prévisions de croissance. Par ailleurs, les prévisions d’Emploi-Québec présentent les perspectives attendues pour les dix-sept régions du Québec ainsi que pour les régions métropolitaines de recensement (RMR) de Montréal et de Québec.

À cette étape du processus, il y a beaucoup d’information à analyser afin que la personne puisse se faire une idée de la réalité d’une profession.  Encore faut-il avoir de l’information fiable et à jour.  Il n’est pas rare que les personnes entendent toutes sortes de propos à l’égard de certaines professions ou formations.  Des impressions ou un ouï-dire mènent à des  propos  souvent  erronés.  Des données vérifiables permettent de confirmer ou d’invalider ceux-ci.

Il existe de nombreuses possibilités de nos jours pour en apprendre davantage sur les professions.   Des sites comme Académos, Jeunes explorateurs d’un jour,  Repères et Inforoute, peuvent être très utiles.   Vos contacts personnels peuvent l’être aussi.  Ces derniers vous seront utiles s’ils peuvent vous parler avec honnêteté  des aspects positifs et négatifs d’une profession donnée.  Le meilleur métier du monde pour l’un ne le sera pas nécessairement pour l’autre.  Il est du devoir de la personne de s’informer. De plus,  elle doit analyser les informations sur les professions afin de savoir si la carrière envisagée correspond toujours à ses  attentes. Il est difficile  de trouver la profession parfaite. Choisir c’est aussi renoncer!

Le plan d’action

Une fois que la personne a identifié des projets de carrière réalistes et réalisables, il lui faut se mettre en action. Pourquoi est-il nécessaire d’identifier plus d’un projet de carrière susceptible de vous convenir?  Parce qu’il se pourrait que le premier choix ne  puisse se concrétiser.  Des programmes  sont contingentés. Certains ont une capacité d’accueil limitée. Se mettre en action veut dire faire la demande d’admission. Dans certains cas, il faudra  satisfaire les critères d’admission s’il y a des préalables manquants, etc.  Se mettre en action c’est faire ce qu’il faut pour avancer en direction de l’objectif fixé.

En conclusion

À quoi s’attendre dans un processus d’orientation?  Pour le client, celui-ci demande de l’introspection et un investissement  dans le travail de réflexion et les exercices proposés.  Selon le jugement professionnel du c.o., l’évaluation à l’aide de tests psychométriques peut être nécessaire.  Généralement, on parle d’évaluation des intérêts, de la personnalité, des aptitudes.  De plus, le processus permet d’apprendre au client à trouver l’information requise et à l’analyser judicieusement. Il permet de faire un processus de choix éclairé en considérant tout ce qu’il y a d’important à considérer. Finalement, la démarche devrait aussi permettre de retrouver l’élan nécessaire pour passer à l’action et actualiser l’option retenue.

 

Carole Dion, conseillère d’orientation

L’influence des parents dans le choix de carrière du jeune

Les parents sont une source d’influence importante pour le jeune quand vient le temps pour ce dernier de penser à son avenir et au choix de sa carrière.  Cette influence peut être tout autant positive que négative, mais aussi fort subtile.  La plupart du temps,  les parents ne sont pas conscients de toute cette influence.

Ainsi, qu’importe la scolarité des parents et la profession ou le métier qu’ils exercent, ceux-ci projettent une image.  Ils accordent au travail la place qui lui revient selon un schème de valeurs qui leur est propre. Leurs attitudes face au travail et à la carrière peuvent influencer le jeune. Celui-ci peut  voir le travail comme une occasion de se réaliser, d’utiliser ses compétences, sa personnalité et ses valeurs. Par ailleurs, les attitudes parentales à l’égard du monde du travail pourraient inciter le jeune à remettre en question la place qu’il compte accorder au travail dans sa propre vie. N’achetant pas le modèle dans lequel il a grandi et que les parents l’incitent à reproduire, il pourrait rejeter des possibilités de carrière valorisées au sein de la famille et dans lesquelles on l’imaginait déjà.

Il faut comprendre que le choix de carrière est un choix personnel et individuel.  Choisir en fonction de critères extérieurs à soi équivaut à remettre à d’autres la décision concernant son avenir.  Pour choisir une carrière, il faut déterminer ses propres critères.  Réfléchir à ce qui compte vraiment pour soi, c’est déjà tenter de prendre sa vie en main.

Les préjugés

Le monde des professions n’est pas à l’abri des préjugés. Qu’on se l’avoue ou pas, beaucoup de  gens ont des préjugés à l’égard de nombreuses professions. Plusieurs se font une idée, favorable ou pas, à l’égard de professions qu’ils connaissent souvent bien peu.   Sans s’en rendre compte nécessairement,  certains parents peuvent véhiculer leurs idées préconçues à l’égard de certaines professions.  Ceci  pourrait inciter leur jeune à exclure certaines possibilités de carrière qui auraient pu très bien lui convenir.

Autrement, un jeune peut choisir une profession à partir d’informations fausses et d’idées préconçues qui  ont peu à voir avec la réalité.  Pour le jeune, il importe de valider l’information véhiculée par ses parents  en s’adressant à des sources externes et fiables.

Certes, un parent est en mesure de parler en connaissance de cause d’une profession qu’il exerce lui-même et d’un domaine professionnel dans lequel il évolue, mais pas nécessairement de toutes les professions.

Les aspirations

Il arrive que des parents aient de grandes aspirations  pour leur jeune.  À tort ou à raison, ils estiment que le jeune ne vise pas assez haut. Ils croient  qu’il pourrait réussir des études supérieures s’il mettait les efforts voulus. En insistant pour que leur jeune aille dans le sens de leurs aspirations pour lui, ils tentent de réussir par procuration. On pourrait alors parler  des aspirations professionnelles déçues des parents.  Ces derniers souhaiteraient que leur jeune réalise ce qu’eux-mêmes n’ont pu faire à l’époque,  qu’importe la raison.    Qui sait si ces mêmes parents seraient en mesure de réaliser  maintenant ces  aspirations  s’ils étaient en âge de faire leur choix de carrière?

Dans certaines familles, peu de modèles ont pu accéder aux études supérieures. Conséquemment, ces familles pourraient  moins valoriser et encourager ce niveau d’études pour leur jeune.  En pareil cas, un jeune pourrait hésiter à faire des études universitaires, ou collégiales.  Il pourrait avoir le sentiment qu’il n’y est pas encouragé ou encore que ce n’est pas pour lui.  Même si cela pourrait l’intéresser et qu’il a les aptitudes académiques requises. Par ailleurs, il pourrait être tout aussi difficile pour un jeune d’exprimer des aspirations professionnelles inférieures à celles de sa famille si la majorité  est fortement scolarisée. En quelque sorte, ces jeunes pourraient avoir l’impression de renier leur milieu d’origine.

L’influence insoupçonnée des parents

Vous aurez compris, du moins je l’espère,  que l’influence parentale à l’égard du choix de carrière des jeunes ne débute pas vers la fin des études secondaires lorsque le jeune doit faire un choix de carrière ou de programme d’études.

Dès qu’il a conscience de votre travail, de l’impact qu’il a  sur vous et sur la famille, de vos propres commentaires sur votre emploi, votre profession, votre employeur, il se fait déjà sa propre idée sur le travail, l’emploi, le marché du travail, et les professions.  Ceci peut avoir des répercussions sur les choix de carrière qu’il fera. Le jeune pouvant rejeter des professions à partir de représentations construites sur la base de l’influence subtile et sous-estimée de ses parents.

Ainsi, certains parents pourraient considérer que leur jeune ne réalisera pas tout son potentiel. Estimant que ce dernier  choisit une profession moins exigeante ou prestigieuse que ce à quoi il se serait attendu de sa part, ou à la hauteur du potentiel perçu.  En somme, ce que le jeune pourrait tenter d’exprimer, c’est le rejet du style ou du mode de vie de ses parents.

Enfin, il se pourrait aussi que malgré tous les efforts faits, consciemment ou pas, pour le dissuader d’aller dans le même domaine que le vôtre, qu’il décide tout de même de suivre vos traces suite à sa propre analyse.

Pour une meilleure connaissance de soi du jeune

Ce qui est souhaitable, en tant que parent,  c’est que vous aidiez votre jeune à mieux se connaitre.  C’est à partir de la connaissance qu’il a de  lui-même qu’il décidera de son avenir scolaire ou professionnel. En l’incitant à vivre diverses expériences de travail ou à assumer des responsabilités adaptées à son âge, il pourra faire des constats quant à ses caractéristiques personnelles : intérêts, traits de personnalité, valeurs, aptitudes, aspirations, etc. C’est sans parler de toute la maturité qu’il pourra acquérir  et qui lui sera utile pour son choix de carrière.

Vous-mêmes, comme parents, vous pouvez lui refléter ce que vous percevez de ses caractéristiques personnelles.  Même les défauts et les faiblesses peuvent être soulignés, si le parent fait preuve de respect et de délicatesse. Vous estimez qu’il ne possède pas vraiment les caractéristiques requises pour une profession qu’il considère. Il est alors tout à fait utile que vous lui fassiez part respectueusement de vos observations à son sujet quant à ces dites caractéristiques.  En allant dans un domaine requérant des compétences qu’il n’a pas,  il pourrait  ne pas s’y sentir compétent, ni  heureux.  Éventuellement, il pourrait connaitre des échecs professionnels, voire des problèmes de santé.

Le jeune peut posséder certaines compétences et caractéristiques dont il n’a pas vraiment conscience. Il pourrait être intéressé à les utiliser dans une ou plusieurs professions données. Encore faut-il qu’on l’aide à en prendre conscience. À ce stade, il ne s’agit pas de nommer des professions dans lesquelles vous l’imaginez.  Il faut  plutôt  aider le jeune à prendre conscience de ses propres caractéristiques (aptitudes, intérêts,  traits de personnalité, valeurs).  Si vous vous avancez à nommer une profession qui pourrait lui convenir, il faudrait être capable de démontrer en quoi cette profession pourrait lui convenir, compte-tenu de ses caractéristiques personnelles.

L’accompagnement professionnel

Pour plusieurs jeunes et leur famille, les discussions au sujet de la carrière peuvent amener des tensions et des conflits.  Avant d’en arriver là, il peut être utile de consulter un conseiller d’orientation.   Ce dernier a une connaissance élargie du monde des professions, des programmes d’études, du marché du travail.  Par ailleurs, il est neutre. Dans une démarche d’orientation, le jeune a besoin de se sentir libre de parler de ses projets d’avenir sans se sentir jugé. Cela peut être différent lorsque le sujet de la carrière est abordé avec ses parents.  Le jeune peut  alors sentir  une certaine pression, ce qui ne l’aide en rien dans sa réflexion.

Dans une démarche d’orientation, le conseiller d’orientation (c.o) aidera le jeune à consolider son identité.  Le c.o. l’invitera à  explorer  des professions et des programmes d’études qui sont susceptibles de lui convenir.  Il l’aidera dans son processus décisionnel en l’amenant à se poser les bonnes questions.  Il l’aidera à trouver ses réponses.  En somme, il guidera sa réflexion, l’aidera à trouver les informations à propos de lui-même, des professions, des programmes d’études, du marché du travail, etc. Il l’aidera aussi à analyser toutes ces informations et ajustera son rythme au sien. Tout cela, en vue de faire un choix éclairé, réfléchi, et dans lequel il aura le désir de s’investir.

 

Carole Dion c.o

Comprendre la cote R ou cote de rendement au collégial

Le calcul de la cote R est complexe et parfois difficile à comprendre pour bien des personnes.  Aujourd’hui, je vous présente  une vidéo réalisée  par le professeur Jonathan Ruel. Celui-ci, enseignant en sciences de la nature au Collège Mérici explique le calcul complexe de la cote R.

Monsieur Ruel réussit à vulgariser les calculs  de la cote R. De plus, les modifications apportées depuis l’automne 2017 y sont également  abordées.

Changement dans le calcul de la cote R à l’automne 2017

En septembre 2014,  les membres du Comité de gestion des bulletins d’études collégiales (CGBEC) ont formulé des recommandations au sujet du calcul de la cote R. Pour ce comité, il fallait rendre encore plus équitable le calcul de la cote R.  Pour eux, une mesure est équitable si elle évalue le rendement réel de l’étudiant au collégial.  Aussi, elle ne contient pas de biais qui proviendraient des caractéristiques des groupes d’appartenance des étudiants. Or, les analyses effectuées par le CGBEC démontrent qu’une CRC basée sur une correction de la cote Z au collégial par un indicateur de force de groupe et un indicateur de dispersion de groupe, mesurés à partir des cotes Z au secondaire obtenues dans les matières ministérielles de 4e et 5e secondaire, assure une meilleure équité pour tous les étudiants, et ce, sans égard aux caractéristiques des groupes d’appartenance.

Donc, suite aux recommandations de ce comité,  le MEES a entrepris les travaux nécessaires pour en arriver à une nouvelle formule de calcul de la cote R.  Finalement, cette nouvelle formule de calcul a été appliquée à partir de l’automne 2017.

Toute l’information sur la cote R est disponible à:

http://www.bci-qc.ca/etudiants/cote-r/

Les croyances au sujet de la cote R

Les croyances ont la vie dure en ce qui concerne la cote R. Certains croient encore qu’il est préférable d’étudier dans certains cegeps plutôt que d’autres. Rappelons que, contrairement à ces croyances, il n’y a pas de  cegeps meilleurs que d’autres pour permettre à un étudiant de déjouer ces calculs complexes et s’en sortir avec une meilleure cote R.  En somme, la variable qui influence réellement est vous.   En outre, ce sont les efforts que vous mettrez dans vos études, dans un cegep où vous sentirez bien, et où vous aurez le goût de vous dépasser qui vous permettront d’atteindre votre objectif de carrière.

Par ailleurs,  suite à l’application de la nouvelle formule de calcul de la cote R, il n’y aura plus de bonification de 0,5 point accordée à la CRC moyenne des étudiants sortants d’un programme de Baccalauréat international (BI) ou
du programme de DEC en Sciences, Lettres et Arts (SLA).

 

Carole Dion c.o.

La réorientation de carrière

La réorientation de carrière

Après avoir considéré un changement d’emploi, plusieurs personnes en viennent à envisager un retour aux études. Ils estiment qu’effectuer une réorientation de  carrière dans un domaine qui leur ressemble davantage pourrait leur être profitable. Ils espèrent améliorer leur situation au plan professionnel. Avant de se lancer dans l’aventure, il est  important de bien considérer certains aspects afin de mener à terme ce projet de retour aux études. Il serait regrettable de devoir abandonner en cours de route un projet qui nous tient à coeur, faute d’avoir les moyens de le compléter.

Certaines personnes semblent sous-estimer plusieurs facteurs importants lorsqu’on souhaite faire un retour aux études.   Pensons à  l’aspect financier, aux  études en elles-mêmes, et à l’impact sur la vie sociale et familiale, entre autres.

L’aspect financier

Premièrement, il faut savoir que le coût d’un retour aux études ne se limite pas aux frais d’admission.  Il faut considérer les frais de scolarité, les livres à acheter, et la baisse de revenu potentiel.  Celle-ci résulte du fait  qu’on doive prendre congé de son emploi pour le retour aux études. Des économies sont nécessaires. Il faudra tout de même assumer  les dépenses de la vie courante durant cette période.  Autrement, il faudra envisager de financer le projet, ce qui en rebute plusieurs.  Déjà endettés avec l’hypothèque, le prêt-auto, et les cartes de crédit, il peut être difficile de renoncer à un certain style de vie.   Certes, il y a l’aide financière aux études, mais celle-ci ne permet d’assumer qu’une partie minimale des dépenses, si on se qualifie au programme http://www.afe.gouv.qc.ca/ , bien évidemment. En somme, pour passer au travers, il faudra inévitablement compter sur ses économies personnelles.  Réduire son train de vie, accepter de se limiter aux dépenses vraiment essentielles, du moins le temps des études, peuvent aussi faire partie des solutions.

La charge de travail

Deuxièmement, le programme d’études choisi amène une charge se travail, un  aspect souvent sous-estimé.  Un programme d’études de la formation professionnelle au secondaire exige une présence en classe à temps plein d’environ 30 heures par semaine. C’est sans compter le travail personnel à faire en dehors des cours.  Un programme technique au cégep peut facilement compter une trentaine d’heures de cours en classe et exiger entre 15 et 20 heures de travail personnel par semaine.  Dans de tels programmes, il est souvent difficile d’étudier à temps partiel à cause de la séquence des cours à faire. Certains cours sont préalables à d’autres. De plus, ils ne sont pas nécessairement dispensés à toutes les sessions.

À l’université, un programme à temps plein comprend habituellement 5 cours de 3 heures par semaine, ce qui peut sembler peu, à première vue.  Il faut cependant savoir que chaque cours amène aussi 6 heures de travail personnel, ce qui fait 30 heures de travail personnel par semaine.  De plus, si on ajoute les 15 heures de cours, on arrive à une semaine de 45 heures pour un étudiant universitaire.  Il faut être très organisé pour cumuler les études et  un emploi rémunérateur.

Comme on peut facilement le constater, peu importe le niveau d’études, c’est exigeant.  Plusieurs experts sont d’avis qu’étudier à temps plein et travailler plus de 14 heures par semaine n’est pas souhaitable. L’objectif étant la réussite et le maintien d’un certain équilibre de vie.

Les études à temps partiel

Les études à temps partiel pourraient être un compromis acceptable.  Toutefois, il faut  mentionner qu’il est plus facile d’étudier à temps partiel au niveau universitaire qu’en formation professionnelle ou technique au collégial. Cependant,  il faut considérer que certains programmes universitaires n’autorisent pas les études à temps partiel.  Plusieurs espèrent étudier en soirée.   Au niveau universitaire, l’offre de cours en soirée est plutôt limitée.  Inévitablement, il faudra un jour vous libérer en journée afin d’assister aux cours prévus à votre programme. Et ça, ce ne sont pas tous les types d’emplois ou d’employeurs qui offrent cette latitude.

Ces dernières années l’offre de programmes d’études dispensés à distance montre un plus large éventail de possibilités.  Toutefois, ce ne sont encore qu’une minorité de secteurs professionnels qui sont concernés par cette formule.  Et, c’est tout à fait compréhensible.  Certaines habiletés ou compétences ne peuvent pas être acquises dans le confort de notre foyer.

L’impact sur la vie sociale et familiale

Troisièmement,  l’impact d’un retour aux études sur la vie sociale et familiale est non négligeable.  Le temps qu’on doit consacrer à ses études est du temps qu’on ne peut consacrer à sa vie familiale et aux loisirs.  C’est donc toute la famille, si vous en avez une, qui devra faire sa part pour que vous puissiez vous consacrer à vos études, en plus d’avoir à accepter votre manque de disponibilité, pour un moment.  Et ça, c’est sans parler du stress des examens que certains vivront …

Tous ces aspects semblent laisser croire qu’il peut être difficile de se réorienter.  Avant d’abdiquer, il importe que vous analysiez votre situation personnelle afin de faire ressortir les éléments favorables.  Comme dans plusieurs projets, une bonne planification peut vous éviter bien des ennuis et des déceptions.  Pouvez-vous compter sur le support de vos proches?  Quelle pourra être leur contribution?  Vous appuient-ils dans votre démarche?  Comment pouvez-vous repenser votre budget?  Avez-vous des économies?  Si non, il peut être souhaitable de retarder d’un an le retour aux études, soit le temps d’adopter un style de vie plus modeste, et accumuler certaines économies en prévision du retour aux études .  Une chose est certaine, retourner aux études demande de nombreux sacrifices à plusieurs niveaux.  Il faut une bonne dose de détermination et une certaine tolérance à l’incertitude au plan financier. C’est parfois le prix à payer pour changer et/ou améliorer son sort.

 

Carole Dion c.o.

Choix de carrière et rôle des parents

Le choix de carrière est souvent la première décision d’importance que doit prendre un jeune au terme des études secondaires. Souvent, les jeunes demandent des conseils à leurs parents en cette matière.  Ceux-ci sont donc d’une grande influence lorsque vient le temps pour le jeune de choisir un domaine d’études ou une profession. Même bien intentionnés, les parents peuvent être confrontés à une certaine limite quant à l’aide qu’ils peuvent apporter lorsqu’il est question du choix de carrière.  C’est souvent dans ce contexte qu’ils consultent un(e) c.o. afin que leur jeune obtienne l’aide professionnelle nécessaire pour sortir de l’impasse décisionnelle à laquelle il est confronté.  Ils se demandent ce que le jeune peut faire avec les options qui s’offrent à lui.

Comme parents, comment apporter l’aide adéquate?

Aujourd’hui, les possibilités de carrière sont nombreuses et l’accessibilité à l’éducation est présente.  De plus, tous les parents veulent le meilleur pour leurs enfants.  Alors, comment les aider sans projeter les désirs de parent et les aspirations professionnelles déçues?  Il faut bien le reconnaître, ce qui est un bon choix de carrière pour l’un ne l’est pas systématiquement pour l’autre.  Ce qui est important, c’est que chacun fasse un choix qui lui convienne.

De là, l’importance d’écouter son enfant et d’essayer de ne pas trop juger… Bref, il ne faut pas couper la communication puisqu’il faut l’amener à parler de lui ou d’elle, de ce qu’il aime au pas, à l’école ou ailleurs, de ce qui est important à ses yeux au travail et dans la vie en général.

Quotidiennement, vous êtes témoins de ses talents, de ses habiletés particulières, de ses qualités personnelles. C’est important que vous lui reflétiez cela.  Peut-être qu’il ou qu’elle ne les voit pas.   Y a-t-il un fil conducteur dans ce qu’il aime, dans ce qu’il est?  En tant que parent, vous êtes le mieux placé, celui qui devrait le connaître le mieux.  Comme la connaissance de soi est à la base du choix de carrière, vous avez un rôle important à jouer pour l’aider à mieux se connaître.  Aussi, vous avez une grande influence sur lui, bien au-delà de ce que vous pouvez imaginer.  Considérez que vous êtes aussi un modèle qu’il pourrait vouloir imiter…ou pas.

Respecter l’unicité du jeune dans son choix de carrière

Alors, comment faire pour l’aider, sans imposer vos propres choix et vos valeurs? Simplement en l’aidant à découvrir qui il est. Invitez-le  à s’exprimer sur ses aspirations futures. Mais on fait cela comment? À partir des expériences personnelles qu’ils ont pu vivre.

À titre d’exemple, plusieurs jeunes occupent des emplois durant les  fins de semaine ou lors des vacances estivales.  On peut acquérir une meilleure connaissance de soi en saisissant des occasions d’explorer concrètement le marché du travail.    Ainsi, un jeune peut obtenir un emploi d’été auprès d’un jeune handicapé ou dans un terrain de jeux.  Pour l’un, ce sera la confirmation qu’il n’a aucune aptitude pour la relation d’aide.  Un autre pourrait se rendre compte que d’aider les autres donne un sens à sa vie et le valorise.  Déjà là, il y a toute une série de carrières à explorer ou pas, selon qu’il a aimé ou non son expérience de travail estival.

De réfléchir à ce qu’une expérience nous apprend sur nous, c’est ce qui nous permet de nommer éventuellement certaines de nos caractéristiques personnelles. Aucune expérience de travail n’est futile.  Dites-vous qu’il devrait en apprendre davantage sur lui-même grâce à divers emplois occupés à l’adolescence.  Pour d’autres, ce sera le bénévolat.  Quelles sont les causes qui l’intéressent?  Qu’est-ce qu’il aime de ses expériences? Qu’apprend-il sur lui? Votre rôle dans tout cela, c’est de favoriser les échanges constructifs.  Il vous faudra accepter qu’il exprime ou formule des intentions qui ne tiendront que quelques jours ou quelques semaines.  C’est aussi cela être en exploration!

Encourager et favoriser l’exploration

Vient un temps où il faut regarder davantage les programmes d’études et s’informer sur les professions. Lorsque c’est possible, il est intéressant de rencontrer des personnes qui étudient dans un domaine qui nous intéresse ou encore qui exercent le métier ou la profession qui nous interpelle.  S’informer sur une profession est nécessaire pour savoir si elle nous convient.  L’information ne manque pas.  De plus, il est pertinent de consulter les données concernant le marché du travail.  En effet, il peut être pas mal stressant de composer avec un emploi caractérisé par la grande précarité lorsqu’on a un immense besoin de sécurité.  On a beau être passionné d’un sujet ou d’un domaine, il se pourrait aussi que l’objet de notre intérêt ne corresponde qu’à des besoins limités de main-d’œuvre une fois sur le marché de l’emploi.

Finalement, il faudra accepter et reconnaître que tout ce processus de réflexion nécessite du temps.  Chaque personne a son propre rythme. Ce processus peut amener une certaine anxiété, mais il faut la tolérer temporairement. Beaucoup de réponses aux questions qui concernent le choix de carrière sont à l’intérieur de la personne .   Pour les trouver il faut accepter de se questionner. En tant que parent, manifester votre impatience face au jeune qui n’arrive pas à faire un choix ne l’aidera en rien. Dans un pareil cas, votre attitude ne ferait qu’exprimer votre propre anxiété dans la situation et contribuerait à rehausser celle du jeune, ce qui n’est nullement constructif.

Votre jeune demeure indécis quant à son avenir? Pourquoi ne pas l’inviter à consulter un(e) conseiller(ère) d’orientation? Ce professionnel  pourra le guider dans sa réflexion et l’outiller pour qu’il en arrive à faire un choix éclairé.

Carole Dion c.o.